LE MARQUIS, M. DE MATTA, MER VILLE
MATTA
Puisqu'ici je ne trouve personne Pour m'annoncer, allons, j'entre tout bonnement.
LE MARQUIS
Ah! c'est vous?
MER VILLE à part.
Quel ennui!
MATTA
Dans mon empressement Je venais sans rlétour vous parler de Fafifaire Où j ai, sans le vouloir, excité la colère D'un homme que j'estime, et qui doit franchement M'cxpliquer les motifs de son ressentiment; Car je veux être un sot, si dans cette aventure, Je devine comment j'ai pu vous faire injure.
LE MARQUIS
Quoi! sur ce différent vous voulez revenir? Ah! ma foi, j'en avais perdu le souvenir: Certain de n'avoir dit en cette circonstance Aucun mot dont parfois Tamour-propre s'offense, J'attendais en repos qu'ici le Chevalier Vînt mapprendre la fin du courroux singulier Où je vous vis hier, et qui, soit dit sans feinte. M'a sur votre raison inspiré quelque crainte.
MATTA
Moi, j'étais fort tranquille, et Grammont sait très-bien Qu'à votre humeur d abord je ne comprenais rien; Mais puisqu'il l'avait vue, il fallait bien y croire, Et c'est pourquoi je viens....
LE MARÇUIS.
Ohî 1 excellente histoire!
Arec tout son esprit comme il s'est abuse.
M ATT A
Je crains plus que de nous il se soit amusé.
iWEE VILLE à part.
Ils n'en finiront pas. (Haut.) Messieurs, la chose est claire, Et TOUS n'aTCz tous deux nul tort dans cette affaire; Puisqu'elle est expliquée, il n'y faut plus penser.
LE MARQUIS
J'y consens de bon cœur! (àMaita.) et je yeux Tembrasser, Pour le convaincre mieux qu'en ami je le traite.
MATTA
Allons, embrassons-nous.
(Ils s'embrassent.)