ACTE III, SCÈNE X
LA MARQUISE dirle, et le Chevalier écrit.
« Madame , M. le marquis de Sénante daignait m'accordcr » la raaiu de sa nièce j mais je ne puis accepter un aussi grand » bienfait. »
LE CHEVALTF.R s'interrompant.
Eu fait de sacrifice on peut tout demander; Mais lorsqu'on en obtient on en doit accorder, Et vous devriez bien éloigner ce Merville ; Sa présence me gêne.
LA MARQUISE
Oh! rien nest si facile j Vons n'avez, pour cela, qu'un mol à joindre ici.
LE CHEVALIER
Et ce mot , quel est-il?
LA MARQUISE
Ecrivez , le voici.
(Elle dicte.) « Mcrvillc adorc votre aimable Delphine; il en » est aimé; protégez leur amour, et permettez-moi , madame, )) de m'associer à vous pour accomplir leur bonheur. »
LE CHEVALIER , après avoir plié la lettre.
Faut-il 7
LA MARQUISE
(Elle prend la lettre.)
Donnez. (A part.) Enfin il s'est laissé surprendre.
LE CHEVALIER à part , en se levant.
Ce billet, avant peu je saurai le reprendre.
LA MARQUISE
De cet accord au moins si quelqu'un se repcnt . Ce ne sera pas moi.
LE CHEVALIER
Ni moi non plus , vraiment; Car pour tenir de vous le seul bien que j envie . Le ciel m'en est témoin , j'aurais donné ma vier Trop heureux de pouvoir, bravant le sort jaloux , Après tant" de bonheur, mourir à vos genoux.
(Le Chevalier est au moment de tomber aux genoux de la Marquise, quand la porte s'ouvre.)