SCENE XXL
L4MBERT.
Je pense que c'est un sot.
BOURDET
Moi aussi... Je ne vous dis que ça.
LAMBERT
Hein?
BOURDET
Époux aveugle et sans mémoire ! Mais autrelbis, j'ai donné des leçons à M"^ Henriette.
LAMBERT
Je sais bien.
BOURDET
Mais.... je l'ai aimée!
LAMBERT
Je sais bien.
BOURDET
Et vous voulez!... C'est vous qui...
LAMBERT
Oui, c'est moi qui... Ah ! ça , mon cher, qu'est-ce que tu me chantes avec M. de Yolmar ?...quel rapport y a-t-il ?... Saint-Preux avait séduit...
BOURDET
Oui.
LAMBERT
Est-ce que lu es un séducteur, toi?
Non.
LAMBERT
Julie avait commis une faute.
BOURDET
Oui.
LAMBERT
Est-ce que jamais Henriette ?...
BOURDET
Non.
Tu l'as aimée?
Oui.
LAMBERT
BOURDET
LAMBERT
Est-ce que tu l'aimes encore?
BOURDET
Non.
LAMBERT
Eh bien, alors!... lu vois bien que tu n'as pas le sens commun ! M. de Volmar est un sot, à son aise, je ne m'y oppose pas , et moi, je suis un homme raisonnable... Tu as connu Henriette, timide, réservée, comme doit être une jeune personne honnête et bien élevée, mais avec la gaielé, l'enjouement, l'amour du plaisir naturel à son âge... c'est toute autre chose maintenant! elle aime la retraite, la solitude... elle est devenue prude... Enfin, je n'ai plus qu'un mot à te dire , un mot qui te suffira : J'ai compté sur loi , et nous avons agi , Henriette et moi , comme si nous avions ton consentement. Règle-toi là-dessus.
BOURDET
C'est un parti pris?
LAMBERT
Si bien que voilà ma femme qui vient, non pas pour savoir la réponse, mais pour le remercier.
BOURDET, à part.
Je ne sais plus où j'en suis... Je ne sais pas si je veille, si je rêve... J'ai des éblouissemens...