‹ Une bonne réputation, comédie en un acte, en proseChapitre 41 sur 52 · SCENE XXlll · texte numérisé non relu

SCENE XXlll

Je VOUS dérange, M. Bourdet ?

BOURDET

Au contraire. Je vais vous laisser,

HENRIETTE

Vous avez affaire?

BOURDET

Pas précisément... Mais si vous préférez être seule...

HENRIETTE

Non.

BOURDET

Je croyais... vous paraissiez disposées lire.

HENRIETTE

J'ai ouvert ce livre au hasard : les maximes de Larochefoucauld , et ce que j'en ai lu ne me donne pas envie de continuer. Un livre affreux ! des pensées abominables , exprimées brutalement.

BOURDET

Vous trouvez?

HENRIETTE

Je vous en fais juge. Lisez vous-même... maxime

trois cent soixante-septième...

Elle lui donne le livre.

BOURDET, lisant, € Il y a peu d'honnêtes femmes qui ne soient lasses f de leur métier. •

C'est indigne, n'est-ce pas ?

BOURDEJ.

El de toute fausseté.

HENRIETTE

A la bonne heure... Si je croyais que ce fût aussi votre opinion , je ne vous pardonnerais pas, et je ne resterais pas une minute ici.

BOURDET

Moi, le penser ! quand j'ai devant les yeux Texennple du contraire Ml y a peut-être des ferames qui oublient leurs devoirs, mais il y en a d'autres, beaucoup d'autres qui sont incapables de les trahir... C'est un système exagéré, qui méconnaît la vertu, l'amitié, le dévouement... et si l'auteur a cherché à flétrir l'amour, ce noble, ce pur sentiment qui nous élève au-dessus de nous-mêmes, c'est qu'il n'a pas connu l'amour véritable, sincère, discret, qui sait se sacrifier... (A part.) Ah ! mon Dieu !... qu'est-ce que je dis là ?

HENRIETTE

Continuez.

BOURDET

Madame...

HENRIETTE

J'ai du plaisir à vous entendre... et je vous retrouve tel que je vous ai connu autrefois, bon , sensible , enthousiaste.

Vous vous souvenez?...

HENRIETTE

De tout... de vos leçons, de votre patience avec votre ecolière , de nos promenades, le soir, avec ma mère... et de votre départ subit, sans motif...

BOURDET

Ab ! crojez que...

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