‹ Une campagne au TonkinChapitre 147 sur 299 · GO · texte numérisé non relu

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par des considérations de fortune. La femme de premier rang jouit en Annam de pérogatives presque identiques à celles que nous attachons au titre d’épouse; elle occupe dans la maison une place presque égale à celle de l’époux, qui ne peut la répudier que dans certains cas prévus par les lois et après un acte de divorce dûment établi par les notables. Les femmes de second rang au contraire ne sont considérées que comme des espèces de servantes, que le mari traite bien tant qu’elles lui plaisent, mais qu il peut renvoyer quand bon lui semble, sans autre tonne de procès.

L’épouse de premier ordre ou « vo-chiûh », dit le code annamite, est une égale; elle lient un rang semblable à celui de l'époux. Les « vo-bès » ou femmes de second ordre sont simplement admises dans la maison. Si l epoux nesl pas dans les sept cas gui motivent le divorce, il ne peut de son autorité privée renvoyer la vo-chiûli. La vo-bè au contraire nesl gu une personne de peu d’importance dont la condition est presgue vile. Si l époux l aime, il la garde; s’il ne l’aime pas, il la renvoie : ce n'est pas une gucslion grave et la femme de second rang ne peut jamais cire considérée comme la véritable épouse.

Beaucoup de colons européens et d officiers français arrivés depuis un certain temps au Tonkin ont contracte de ces mariages secondaires avec des femmes du pays. Les formalités à remplir sont des plus simples; elles ne différent pas de celles que la loi annamite prescrit pour les ventes et poulies achats de biens. Le preneur passe devant les notables du village habité par les parents de la jeune fille un contrat écrit, dans lequel il s’engage a payer une certaine somme à la famille de celle-ci en retour de la femme secondaire qu’elle lui donne et à subvenir aux besoins de cette femme pendant le temps qu’il la gardera près de lui. Les notables appliquent leur cachet au bas de l’acte que signent les parties contractantes et tout est terminé.

Les femmes secondaires sont généralement prises dans les iamilles pauvres; celles que trouvent les Européens appartiennent ordinairement a la plus basse classe du peuple ; aussi arrive-t-il fréquemment que les parents de la jeune fille ne savent même pas signer leur nom. Ils s en tirent en apposant au bas de l’acte leurs dicm-chi, c’est-à-dire le contour ponctué au pinceau des deux premières phalanges de 1 index de leur main gauche.

Celle facilité qu’ont les indigènes de contracter des mariages de second ordre fait que la prostitution est pour ainsi dire inconnue en Annam ; d’autre part la loi considère la première femme comme la mère légale des entants donnés au mari par les femmes secondaires ; il résulte de ces dispositions

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