‹ Une campagne au TonkinChapitre 253 sur 299 · AUTELS ÉLEVÉS DANS LA CAMPAGNE POUR LES SACRIFICES AU CIEL · texte numérisé non relu

AUTELS ÉLEVÉS DANS LA CAMPAGNE POUR LES SACRIFICES AU CIEL

grise et ont été rongées par les pluies; en grattant la mousse dont elles sont recouvertes, je trouve, sur le devant de l’autel, un cartouche contenant une inscription chinoise; d’autres sculptures en forme de grecques courent le long du retable qui surmonte l’autel principal.

Nous nous sommes fortifiés dans notre pagode, les tirailleurs annamites qui nous gardent ont peur des pirates, et ils ont flanqué les deux côtés de la cour de deux petits miradors de leur composition dans lesquels ils montent plusieurs fois par jour pour inspecter la campagne. Ces constructions ne me semblent pas bien redoutables, mais elles sont extrêmement pittoresques. Sur quatre longs bambous, plantés debout, les indigènes ont élevé,

à trois mètres environ du sol, un petit plancher qu’ils ont surmonté d’un toit en nattes; ils grimpent, comme des chats, sur cette espèce d’estrade, à l’aide d’une échelle qu’ils ont également construite de toute pièce avec des bambous. Ils tiennent bien là-dessus, grâce à leur petite taille et à leur faible poids.

Nous sommes installés dans notre pagode depuis huit jours; nous n’avons d’autres nouvelles de la colonne que celles que nous donnent les malades apportés chaque jour par les coolies qui viennent chercher des provisions au fleuve. A chaque instant nous prêtons l’oreille, croyant entendre la canonnade, mais aucun bruit de bataille n’arrive jusqu’à nous; enfin, le neuvième jour, nous voyons reparaître l’avant-garde des troupes. I/ennemi s’est bien gardé d’attendre notre arrivée; les pirates se sont enfuis, comme ils le font toujours lorsqu’ils nous savent en force; ils ont passé entre les colonnes qui arrivaient pour les cerner et lorsque celles-ci, après mille efforts, sont, parvenues par des routes impossibles jusqu’à leur retraite, le nid était vide et les oiseaux s’étaient envolés.

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