‹ Une campagne au TonkinChapitre 282 sur 299 · S.U.1.E MT TRÔNE · texte numérisé non relu

S.U.1.E MT TRÔNE

tège, m’explique le PèreHoang, porte à la pagode les offrandes que le roi fait déposer chaque jour sur l’autel de ses ancêtres.

Le deuxième palais contient une salle de memes dimensions que celles du trône, mais beaucoup moins ornée. Les grandes colonnes qui supportent le plafond sont en beau bois de teck, sans peinture; un dais d’étoffe brodée est suspendu à la voûte, au-dessus d’un lit de repos devant lequel est placée une table de forme curieuse et d un très joli travail. Au fond de

ce lit est suspendue une grande glace européenne, dont le cadre lourd et grossier contraste avec le reste de l’ameublement. C’est là que se tient le roi lorsqu’il donne des audiences privées sans s’astreindre au cérémonial des réceptions officielles.

Sur la table, je remarque un écritoire de jade rempli de vermillon et, dans un étui sculpté, deux petits pinceaux qui doivent servir au souverain. Ce roi contresigne cl annote chaque jour à l’encre rouge tous les rapports (pii lui sont soumis par le mandarin de service; scs observations sont transmises immédiatement pour exécution aux ministères intéressés, par les soins des Thi-Vé ou gardes royaux.

Les deux bâtiments latéraux qui abritent les postes de police se relient, par des couloirs étroits qui courent de chaque côté du palais principal, à une autre cour dallée semblable à celle dont je viens de parler. Cette cour est plantée de grands arbres; à l'entrée, se trouvent deux immenses vasques de bronze de hauteur d’homme qui paraissent avoir été coulées tout d’une pièce par les ouvriers du roi. Par leur dimension et par la finesse des ornements en relief qui les recouvrent, ces vasques m’ont semblé des chefs-d’œuvre dans leur genre.

La cour aboutit à un troisième grand bâtiment, de même architecture que les premiers. Les stores qui en masquent l’entrée sont soigneusement fermés. Le roi se tient derrière l’un d’eux et je distingue vaguement sa silhouette.

line foule de petits mandarins, d’eunuques, de domestiques sont venus grossir notre troupe; tous sont pieds nus, et lorsqu’ils passent devant le store qui abrite Sa Majesté, ils se courbent très bas, jusqu’à raser le sol. Chacun d’eux porte bien en évidence, suspendue au cou, la petite plaquette d’ivoire qui indique son grade et sa fonction.

Après nous avoir examinés, le roi se retire et me laisse pénétrer dans le palais. La grande salle qui en occupe toute l’étendue est de même architecture que les autres; elle est occupée tout entière par de nombreuses vitrines renfermant les cadeaux les plus précieux qui ont été faits, pendant des générations nombreuses, au roi d’Annam. A côté d’ivoires merveilleusement fouillés, de spécimens curieux d’orfèvrerie d’art, d’une grande quantité de petits arbres de corail auxquels sout suspendues des pierres précieuses, d’armes de prix aux fourreaux incrustés de nacre, je découvre une foule d’objets de provenance européenne de valeur très minime et d’un goût douteux; il y a des vases d’un bleu criard, aux fleurs rouges mal dessinées, comme on en gagne aux tourniquets des foires ; près

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