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LE MUSÉE ET LE THÉÂTRE DE LA COUR

d’un service à thé dont les tasses en jade sont contenues dans un treillis en filigrane d’or et dont la théière en or massif est surmontée d’une émeraude grosse comme une noisetle, je vois, soigneusement placée sur un coussin, une grosse boule en verre étamé, semblable à celle qu’on suspend dans les jardins.

A côté du musée, le Père Hoang me fait visiter la salle du théâtre où les comédiennes du roi exécutent, sur son ordre, des pièces de comédie composées soit par lui, soit par le conseil du Noï-Cae.

La troupe du théâtre royal est formée d’environ quarante- cinq chanteuses et musiciennes, recrutées parmi les plus jolies filles du royaume par la reine mère qui les surveille et les fait instruire. Le budget annamite leur alloue une solde fixe à laquelle le roi ajoute des gratifications lorsqu’il est satisfait de leurs services. Elles ont de plus, pour jouer leurs rôles, de riches costumes de soie et des bijoux que l’on fait venir de Chine.

En quittant la salle du théâtre nous entrons dans une dernière enceinte où sont construits, dans une série de cours et de jardins, les appartements privés du roi et de ses femmes. Tous ces palais sont à deux étages et munis de fenêtres avec balcons; quatre d’entre eux sont affectés aux logements de la Hoang-Qui-Phi ou reines et des trois femmes de premier ordre; les autres femmes du roi occupent en outre six grands bâtiments divisés en

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