LETTRÉS CHINOIS DE LA RÉSIDENCE
fond noir, ces mots reproduits en caractères annamites au centre du cartouche : Résidence de France , Chancellerie. En entrant par la rue, on trouve d’abord un petit vestibule dans lequel se tiennent des hommes de police, puis une grande pièce où travaillent les lettrés et les interprètes.
Le résident a des fonctions multiples qui exigent un personnel assez nombreux. Chargé de faire respecter la loi, de maintenir l’ordre dans la ville et dans la province, de régler les différends entre les indigènes et les
UNE CAMPAGNE AIJ TON Kl N.
colons, il doit connaître aussi bien le code annamite que le code français. Du côté des Tonkinois et surtout du long-doc, il lui faut exercer une surveillance incessante, contrôler l’action des tribunaux indigènes, empêcher les abus île pouvoir, se tenir autant que possible au courant des rapports du gouverneur de la province avec la cour de Ilué, entretenir un bureau de renseignements pour tout ce qui peut intéresser le corps expéditionnaire à l’aide d’espions qui parcourent les provinces environnantes et qui indiquent les actes et les mouvements des partis hostiles. Outre une connaissance approfondie de la langue, du caractère, des habitudes annamites, il faut au résident de France un ensemble de qualités de premier ordre pour mener à bien sa délicate mission. Il doit dépenser beaucoup de tact, de finesse et surtout de patience et de ténacité dans ses relations avec les mandarins, qui sont si habiles à se servir des faux-fuyants, des réponses ambiguës et de la force d’inertie.
Vis-à-vis des colons européens, le résident exerce les fonctions de juge de paix, d’ofticier de l’état civil et même de notaire, pour ce qui a trait à la rédaction et à l’enregistrement des actes; il est aidé dans celle partie de sa tâche par un chancelier.
Le personnel de la résidence de France comprend aussi un certain nombre de lettrés et d’interprètes indigènes qui viennent pour la plupart de notre colonie de Saigon et qui ont été élevés au collège de cette ville; ils connaissent bien notre langue et ils écrivent couramment le chinois et le français. Un commissaire français nommé par le résident fait, avec l’assistance d’agents annamites, la police des rues et des marchés. C’est lui qui, avec l’aide des lettrés et des interprètes, procède au premier interrogatoire des rôdeurs, des pirates, des bandits de toute sorte que les agents de police ramassent dans leurs rondes de nuit ou que les chefs de canton expédient, avec la cangue au cou, des villages environnants.
JONQUES SUlt LE FLEUVE ItOUGE.