XXXII PRÉFACE
En lisant le recueil de ses discours, on sent la probité de son esprit, et, si Ton songe que ses actes ont toujours été d'accord avec ses paroles, on ne lui déniera pas la fermeté du caractère. On ne doutera pas non plus de son goût pour la simplicité, Tordre et la clarté. Ce sont là les ornements sévères de son langage. Dans sa petite maison blanche de Pons où se voit encore la sonnette du docteur (car il pratiqua longtemps la médecine), M. Combes passe ses vacances en promenades et en lectures. Il sait les langues anciennes et il aime, m'a-t-on dit, les orateurs et les historiens grecs. Il a raison. Les Grecs ont ce mérite, entre autres, de garder la juste mesure et de n'être jamais excessifs. M. Combes les suit en cela. Il n'est point déclamateur et n'enfle jamais la voix. On ne trouvera pas dans ce gros volume de discours la moindre trace d'emphase.
Je n'en dirai pas davantage et me garderai bien de le louer : il est au pouvoir et son œuvre n*est pas achevée.
Du succès de cette œuvre, à laquelle travaillent le ministère et la majorité républicaine, dépendent les destinées de notre pays, et il s'agit de savoir si le sort de la Belgique nous est réservé ou si notre grande démocratie pourra se développer dans Tordre et dans la liberté. L'échec de la politique suivie par les Chambres depuis cinq ans nous livrerait au parti noir et aux artisans de la contre-révolution.
Depuis que Bonaparte a restauré le culte en France, tous les gouvernements qui se sont succédé ont accru la richesse et la puissance de TEglise, et ce ne sont pas ceux qui l'ont le plus aimée qui Tout le mieux servie. La Restauration fît moins pour elle par amour que le Gouvernement de Juillet et le second Empire par intérêt ou par peur. Et certes un Mllèle n'était pas capable de lui rendre les services qu'elle a reçus d'un Guizot. Quant à la troisième