‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 123 sur 127 · RÉPARATIONS CONCRÈTES · texte numérisé non relu

RÉPARATIONS CONCRÈTES

Comme il est naturel, l'idée de prendre aux Allemands l'équivalent de leurs rapines, a fait un pas considérable depuis qu'ils ont ravagé et rasé notre Picardie. L'idée de cette reprise en nature, que nous avons recommandée en tout temps, pour laquelle nous avons fait dans L'Action Française une campagne quasi quotidiene, est admise partout; les mots de réparation nécessaire se sont heureusement précisés et concrétisés. « Nous ne pourrons pas, hélas, dit Léon Bailby dans V Intransigeant, transplanter les arbres à fruits des campagnes allemandes. Mais l'ennemi peut être contraint de yious livrer un outillage usinier, agricole, en représentation de celui qu'il iious a volé ou détruit. Et surtout, il doit payer. »

Voilà enfin la vue de la guerre pratique, de la guerre complète et vraie.

Il n'y aura bientôt que quelques renchéris libéraux ou les chefs socialistes pour adresser les objections de leur rogne ou de leur envie au système de la Part du combattant, qui découle de tout examen réel de la situation.

LA CAISSE DES PRIMES MILITAIRES : LES OUVRIERS FRANÇAIS DRESSÉS CONTRE L'HYPOCRISIE

Les ouvriers français auxquels notre journal arrive, ont été très frappés, tout comme nos soldats, de l'atlilude embarrassée des chefs socialistes. Ils en profitent pour manifester une générosité de cœur dont nous sommes heureux de publier ici l'expression.

Un ouvrier de Puteaux nous dit :

Je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire, mais comme je veux m'associer, corame ouvrier mobilisé, à votre cam-

pagne pour la Part du Poilu, je vous envoie donc ces 5 francs, regrettant de ne pouvoir faire plus pour la caisse des récompenses militaires. Les succès remportés par nos troupes et nos Alliés ne doivent-ils pas nous inciter davantage à encourager nos poilus?

Et voilà pour ceux qui voudraient dresser les paysans des tranchées contre les travailleurs des usines, ou réciproquement. S'il y a une presse française, une presse d'union nationale, de tels sentiments seront si bien cultivés et répandus, que toutes les mains françaises fmiront par s'étreindre fraternellement.

Un autre travailleur nous écrit, en nous adressant ce dont il dispose, pour protester contre les faux grands sentiments mis en avant par Bracke et ses pareils :

C'est une bonne, une excellente idée, que celle de la Part du soldat. Toutes les protestations socialistes à ce sujet ne sont qu'hypocrisies. Toute la propagande socialiste, pas celle des journaux, mais celle qui se fait d'homme à homme, a pour principal argument l'intérêt.

Si le contradicteur veut invoquer une autre raison, on se fiche de lui. Plus prosaïque, on lui répond : « Je ne suis pas assez riche pour avoir de si beaux sentiments. >> J'ai entendu ces paroles-là des milliers de fois pendant mes vingtcinq ans d'atelier. Ci-joint quelques timbres pour la Part du soldat.

On le voit, l'ouvrier, principalement l'ouvrier parisien, n'est pas disposé à se laisser tromper par les palinodies des hommes du « parti du ventre ». Chacun comprend fort bien que, pour abréger cette guerre et pour tirer de la victoire tous ses fruits, il importe de primer le producteur, c'est-à-dire le soldat, et de l'intéresser directement au bénéfice.

Ouvriers, paysans, bourgeois, prêtres, soldats, tous nos lecteurs ont partagé ce sentiment. De là le succès très vif obtenu par la Caisse des primes militaires, destinée à amorcer l'institution publique de la Part du Poilu. Cette

vue de bon sens est pleine d'avenir. On le verra de mieux en mieux.

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