PÉCULE ET CAISSE DE PRIMES MILITAIRES : LE RENDEMENT. — LE TRONC
Nous avons approuvé très vivement l'idée du pécule du combattant, idée voisine de la part du poilu et du reste sa dérivée. Mais elle est incomplète. Car pourquoi l'État français n'ose-t-il pas dire carrément que ce pécule sera arrondi et parfait, grâce à des parts de prise en pays ennemis, grâce à de larges prélèvements sur l'indemnité de guerre? De plus, selon une méthode qui se retrouve en tout et partout, dans l'industrie de l'arrière comme dans les finances de l'avant, on se garde de faire une place au rendement.
Le pécule est attribué à tous, et c'est fort bien, mais comment ne songe-t-on pas à donner un pécule spécial, une part privilégiée, bref une récompense, aux meilleurs et aux plus heureux, autant dire à ceux dont le travail
est le plus utile à la France? Le préjugé kantien, maître de l'école et de l'atelier, ce préjugé du devoir sauvagement gratuit, du devoir fait pour le seul plaisir de le faire, obstrue également notre politique militaire, mais ralentit notre victoire et la rend plus coûteuse.
M. de Baudry d'Asson dénonçait, à la Chambre, cette erreur dans notre industrie d'État. Tous nos lecteurs comprennent qu'il faut aussi la chasser de l'action de guerre. Ce n'est pas seulement l'avis de combattants pleins d'expérience; un « civil m habitant une ville copieusement bombardée de notre extrême front nous écrit :
J'ai riionneur de vous envoyer un mandat de cent francs pour votre Caisse de primes à nos braves. Ils ne peuvent être trop encouragés. A ceux qui prétendent que la promesse d'une prime est de nature à diminuer la valeur de leurs actes, je demanderais volontiers s'il en est beaucoup qui abandonnent la pension attachée à la médaille militaire. Tous ceux au contraire que je connais, y attachent beaucoup d'importance. Continuez votre campagne, elle arrivera bien à s'imposer, comme toutes celles que vous avez entreprises.
D'autre part, un de nos lecteurs du Midi écrit à Léon Daudet :
Je vous adresse sous ce pli un mandat-poste de dix francs, pour votre caisse « de la Part du poilu ».
Mes félicitations bien sincères, honneur à l'Action française pour cette excellente idée. Ça c'est le bon combat. Il était nécessaire qu'ils sachent pourquoi ils se battent; on leur avait tellement dit : (( Vous vous battez pour les bourgeois, pour les repus, etc., etc. »
Et comme notre lecteur est propriétaire d'un hôtel très fréquenté des voyageurs, il a ajouté son idée à la nôtre :
J'ai placé chez moi un tronc de la Part du poilu. Je vous adresserai le montant des dons.
Tous les propriétaires d'hôtels devraient en faire autant. L'activité de nos sections pourra s'exercer en ce sens. Nous le leur recommandons vivement.