‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 52 sur 127 · LES PRISES DE L'ARMÉE DE TERRE · texte numérisé non relu

LES PRISES DE L'ARMÉE DE TERRE

Nous causions de celte affaire des profils guerriers avec un officier de carrière, esprit supérieur, l'âme la plus désintéressée que j'aie connue et la plus ardente à l'effort et au sacrifice. 11 appartient à l'un des corps qui firent campagne dès le premier moment. Depuis vingtsept mois il n'a pas cessé d'être au feu, oîi sa conduite de soldat et de chef lui a valu les distinctions les plus flatteuses et les plus hautes. Une permission rapide l'avait conduit à Paris, qu'il eût peut-être traversé sans nous voir, mais notre question sur la « nuée du désintéressement collectif » et les « prises militaires », lui a paru mériter les quelques mots d'indication dont je lui suis reconnaissant.

« Ce que je veux en dire, observa-t-il, ne rentre pas tout à fait dans votre cadre, mais cela caractérise assez bien le point de vue irréel et faux auquel on s'est placé dans toutes les affaires de même catégorie.

« Il y a pour l'armée de terre, comme pour l'armée de mer, des prises possibles. Comme à la mer, elles ont été l'objet de réglementations. Vous allez voir lesquelles!

« Jusqu'en 1913, date du dernier règlement sur le service, en campagne, il était prévu une répartition des « prises » au bénéfice de ceux qui les faisaient : prises sur l'ennemi, s'entend. Mais alors on a jugé que c'était faire appel aux mauvais instincts. En outre, la part du commandant du détachement était plus forte que celle des autres

soldats.

« Le paragraphe relatif aux prises qui figurait dans tovs

les règlements antérieurs sur le service des armées en campagne, a donc disparu de celui de i 9 13 : en revanche on y a inséré toutes les prescriptions des conférences de Saint- Pétersbourg, Genève, La Haye, la prévision d'arbitrage sur les différends entre États, et toutes les élucubrations pour empêcher la guerre. »

Page 1