‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 58 sur 127 · OU PRENDRE LA PART DU POILU · texte numérisé non relu

OU PRENDRE LA PART DU POILU

C'est la question que posent en dernière analyse ceux qui ne savent que répondre à nos raisons de droit et de fait. Il faut, disons-nous, intéresser personnellement le soldat français aux bénéfices de la guerre, aux prises de guerre, parce que l'intérêt est une des raisons de l'activité. On se bat mieux et plus longtemps, on résiste mieux au cafard, quand on sait qu'il y aura quelque chose de beau et de bon au bout de la lutte, bref qu'on sera récompensé. 11 le faut, disons-nous encore, parce que les Boches se sont jetés sur notre pays, ont arraché nos hommes à leur travail paisible, et que ceux-ci ont droit à une indemnité individuelle, comme les Allemands au châtiment d'une amende individuelle, sans laquelle ils deviendraient plus pervers encore qu'ils ne sont. C'est en partie dans l'intérôt du malheureux

peuple ennemi, et non sans espoir de l'améliorer, qu'il faut lui imputer une partie des maux qu'il a faits ou destinés aux autres.

Quand cette évidence morale et physique est bien établie, les contradicteurs embarrassés finissent par demander :

« Oui, mais cette part du poilu, où la prendrez- YOUS ? »

A celte question, le bon sens et le sens commun tiennent prête la réponse toute simple:

« Partout. Partout où l'on pourra. Et on le pourra, puisqu'on sera vainqueur. On le pourra dans une foule de circonstances, à la condition de ne passe lier d'avance par la plus niaise et la plus coquine des prohibitions de principe : niaise, parce qu'elle enfreint à la fois la raison, la justice et l'intérêt des bons défenseurs de la France ; coquine, parce qu'elle ne peut profiter qu'à trois catégories d'individus : Boches, embochés ou profiteurs de la politique.

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