L'INDEMNITÉ PERSONNELLE
Ce prélèvement devra, on l'a vu, ménager les moyens de production de l'ennemi. 11 doit rester capable de payer aux Alliés une indemnité de guerre, dont le taux paraît devoir être si fort, qu'elle ne pourra être envisagée que sous forme d'annuité, autrement dit de tribut. A ce tribut, nous avons demandé que nos soldats aient part, non seulement comme pensionnaires, mais comme participants au capital. Ce capital une fois donné, et qu'ils utiliseront comme bon leur semblera, leur donnera l'occasion de tenter les chances de l'existence.
Les Allemands pourront-ils payer ce tribut ? Non, si l'on commence par leur ôter tout appareil de production industrielle ou agricole. Oui, si le nécessaire leur en est laissé. Avec une population nombreuse, le premier moyen de la richesse, qui est le travail humain secondé par une machinerie suffisante, ne leur fera pas défaut. Les lecteurs de Jacques Bainville savent que les États allemands ont des biens personnels étendus. M. Jean Herbette rappelait l'autre jour, à l'Echo de Paris, de quel domaine immense disposait le seul État prussien.
Autre chose. Sans être le partisan absolu de l'article d'exportation révolutionnaire, une révolution fiscale sagement tempérée et administrée par les armées de l'Europe victorieuse, ne me paraîtrait pas un mauvais moyen d'extraire de l'Allemagne les ressources surabondantes dont sa férocité et son injustice l'ont rendue indigne. L'instrument est dangereux, soit. Il peut être bien manié. D'utiles pressions, si elles sont conduites avec l'art requis, pourraient donner de bons effets.
Un peu d'antisémitisme aux dépens des Juifs d'Allemagne peut-il contrarier nos socialistes ? Ils voient pourtant que nous ne sommes pas effrayés d'un peu de révolution aux dépens des rois, princes et seigneurs allemands.