‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 77 sur 127 · L'AVIS CONTRAIRE · texte numérisé non relu

L'AVIS CONTRAIRE

M. de Valence, au Réveil du Charolais, précise admirablement :

Tous les Français sont en guerre. Tous, agriculteurs, indus- Iriels, commerçants, travaillent pour la gueri'è, pour la Défense de la Patrie, pour la Victoire française.

Combien dans ce travail trouvent même un bénéfice légitime?

Est-ce que ceux qui sont au front, ceux qui se battent, exposant leur vie, versant leur sang, n'ont pas un plus grand mérite cependant, et n'est-il pas juste que le profit, un profit bien gagné, s'ajoute à leur honneur et à leur gloire?

Intéressons donc nos soldais aux bénéfices de la guerre, c'est d'une justice élémentaire. A coup sur, le butin qui sera ainsi à chacun dévolu suivant ses mérites et au fur et à mesure de ses actions de guerre, profitera plus et mieux à l'ensemble du pays, que si l'État se l'adjugeait entièrement, pour le leur rendre ensuite sous une forme d'apparence légale, mais onéreuse et anonyme.

L'intérêt du butin est un ressort matériel et moral que l'État ne doit pas négliger.

La longueur de la guerre, les maux qu'elle entraîne pour nos vaillants soldats, t'ont du <( butin de guerre » un élément sérieux de mordant pour les troupes, et par conséquent de victoire.

Le Réveil de Saint-Giron refait le même exposé sons des formes ingénieuses et nouvelles, mais demande « quel argument » on pourrait bien nous opposer.

D'argument contraire, je n'en ai pas vu un seul. La désapprobation ne s'est manifestée d'abord que par un silence longtemps soutenu. Elle a éclaté enfin. Où ? Chez quels aristocrates ennemis du pauvre peuple ? Il me reste h le dire. Vous les verrez. Mais vous les avez déjà devinés.

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