ON VEUT INTÉRESSER L'ARMÉE A LA VICTOIRE
Ainsi que l'a écrit fortement M. Maisonneuve à V Express du Midi, nous sommes au point de convergence du beau, du bon et de l'utile. Les idées qui ne s'excluent pas doivent s'entre-soutenir. Les biens matériels doivent venir en aide à ces vivantes valeurs morales, qui les ont mérités par la vaillance et par la douleur :
Ces laboureurs, ces ouvriers, ces marctiands, ces commis, qui ont quitté leur cliamp, leur atelier, leur comptoir, leur bureau, doivent être indemnisés de leurs pertes, ont le droit de réclamer des terres, des macbiues, des capitaux et des rentes pris à l'ennemi; car il ne faut pas que la victoire se transforme en misère; il est nécessaire qu'elle serve et qu'elle paie...
Il ne s'agit pas évidemment d'encourager le pillage et de favoriser les rapines, mais seulement de reprendre à des bandits les biens qu'ils ont volés.
Ces reprises, ces conquêtes, à qui doivent-elles profiter tout d'abord, si ce n'est à ceux qui les font ?
M. Léopold Reverchon, de la C7'oix du Jura, a trouvé jusque dans le Code civil (art. 1382) la vérification de cette doctrine de la victoire utile, de la guerre qui paie et du « poil de la bète » devant revenir au chasseur.
Hubert Bailly, au Réveil do, Vesoul, enlend les Poilus lui crier :
Nous sommes Français et patriotes, nous le montrons bien, mais nous sommes aussi des hommes, et la perspective
d'avoir chacun notre pari .lirecb% tintante et tiébuchanlo do riademnité de guerr.-, nou-s mettrait du cœur au ventre et de la vigueur aux muscles. Ah! comme cela nous touche plus profondément que la justice immanente et les progrès de l'humanité ! On aura beau nous dire que Charles Maurras, qui a eu cette idée, qui la poursuit et la développe dans V Action française, est un royaliste. Bravo pour les royalistes qui ont de si bonnes idées et de si pratiques!
Cela concorde avec mes informations particulières : « Après un premier moment de surprise, me disait un colonel qui avait exposé l'hypothèse à ses hommes, la joie des plus simples, leurs >jeux brillants prouvaient a quel point une pareille perspective était capable de muUi-
plier les énergies. »
Le Salut public de Lyon se rallie aux mêmes façons
de voir :
Quoi de merveilleux ou de barbare, si chacun de nos manchots, de nos boiteux, de nos aveugles, de nos muets reçoit, en outre do la maigre indemnité nationale, une assignation de rente sur une ville allemande, ou sur une mine, ou sur une fonderie, ou sur une fabrique de produits chimiques, ou sur une firme de navigation? Quoi d'inique, si chaque paysan, soldat magnifique mais involontaire, trouve dans la victoire quelques centaines de francs de revenu à se faire payer par Berlin, Hambourg, ou une communauté rurale, ou un industriel'' Et les morts! A moi et à bien d'autres suffira le deuil inexpiable. Mais le fils à jamais parti qui résumait la fin de ses vieux, leur espoir de bien-être! Est-ce avec des mots ou l'obole delà République que sera comblé l'abîme de misère. Non, non ! Les Français n'ont pas désiré la guerre; ce que la sauvage guerre coûte aux Français doit être restitue.
Restitué par « le sauvage » qui l'a déchaînée, aux défenseurs de la civilisation, qui ont tout risqué pour le subjuguer.
r,0 LES BENEFICES DE LA VICTOIRE.