IMPURETÉS DES SOURCES BOCHES
Sans doute, le socialiste grenoblois consent, il veut même être le premier à consentir que « l'on traite humainement le poilu » (^en vérité, quelle bonté!;; il admet qu'on « tienne compte » des « sacrifices et des pertes dudit poilu ». M. Chastanet, bon prince, accorde encore cela, « certes oui ». Mais, ajoute- t-il.
Mais pour donner cette récompense à ses nobles enfants, une démocratie ne doit pas compter sur les fruits de la rapine et du vol. Ce sera un chapitre de plus à ajouter aux dépenses
pour payer les dommages de guei're. Et l'argent nécessaire pour faire face à ces dépenses, on le devra puiser à des sources plus pures.
Ces « sources plus pures » sont extrêmement gaies! Il faut comprendre que ce seront des sources françaises.
L'argent boche, entendez bien, c'est du sale argent; le capitaliste boche, il sent mauvais; il faut le laisser là où il est, n'y pas toucher, ne pas se salir. Le capitaliste français, ou plus simplement le propriétaire, à la bonne heure ! Il est joli, il sent bon, il est fait sur mesure pour offrir toute la surface propre aux exactions et déprédations financières rêvées par M. Chastanet et les chefs socialistes, ses amis.
Grand, petit ou moyen propriétaire français, industriel et commerçant, réserve et avenir du pays, mais déjà si frappés et éprouvés dans votre sang, dans vos ressources, vous êtes avertis que vous serez seuls de corvée. Ne comptez pas y couper en alléguant le fait que vous êtes moins riches que les Boches de la Bochie, qui n'a pas souffert de la guerre. Tant pis pour le pauvre poilu ! La différence entre ce qu'il aurait touché d'une bonne indemnité de prises en Allemagne et le maigre dédommagement offert par la patrie à son défenseur, sera compensée par l'extrême plaisir que notre combattant éprouvera sans doute à se dire que c'est tant de pris sur ses concitoyens, et que nulle source étrangère ne dégorge de flot impur dans son petit bien!