LE PAIN DE LA BOUCHE
Que si la compensation lui paraît vaguement et tristement blagologique, M. Chastanet le consolera en lui montrant l'album d'images des soldats de l'an II. C'est ça qui est fameux :
Ils allaient, glorieux et .sublimes, porter à la pointe des baïonnettes la déclaratiuu des Droits de i'iiomme et du citoyen. Ils allaient prêcher par l'action, la guerre aux tyrans et la paix aux peuples.
Aubsi, le souvenir de ces va-nu-pieds superbes reste et se perpétue, comme un symbole d'abnégation et de gloire pure, tandis que le souvenir des mercenaires du moyen âge est un souvenir pesant, une tache qui enlaidit quelques pages de notre histoire.
Gomme M. Pierre Renaudel à la France, M. Chastanet offre aux Français la contemplation du ciel étoile, avec échappées sur la beauté de leur âme. Le poilu pensera qu'on peut s'offrir tout cela en temps ordinaire, mais qu'après les efforts, les fatigues, les effroyables déperditions de la guerre, il aurait été bien agréable d'avoir du substantiel et du positif.
Qu'y faire .!^ Le substantiel des chefs socialistes n'est pas celui de tout le monde. On a dit méchamment que l'antiquité était le pain des professeurs. Plus justement, le pain des chefs socialistes, c'est la révolution sociale. Nous leur ôtons le pain de la bouche, par la solution qui prend chez l'ennemi le moyen de régler, outre les frais généraux de la guerre, le montant de toutes les perturbations individuelles que le fléau détermina depuis vingt-huit mois.
Alors, la paix extérieure serait aussi la paix intérieure .^ Alors, ce choc des peuples n'annoncerait pas le choc des classes et des conditions.!^ Alors la France et ses alliés, sagement conduits, pourraient faire l'épargne d'une révolution ? Alors ce serait la concorde P Alors, le paisible travail.!^ Voilà ce qui consterne les chefs socialistes. Il faut bien l'avouer, ces messieurs sont volés.