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Portraits et éludes. Paris, Didier, 1863, in

l'apprendrons par lui en même temps que M. de Barante :

« Il s'ouvre pour moi une éventualité si grave « qu'au risque d'être importun il m'est impos- « sible de ne vous en point parler. Ce serait (( me priver d'un puissant secours, et, aussi « bien, votre indulgente et vieille amitié s'éton- (( nerait peut-être de mon silence.

« Il s'agit de ma candidature à l'Académie « des Sciences Morales et Politiques.

« La mort de M. Saisset, en laissant vacante « une place de la section de philosophie, a fait « surgir de nombreuses prétentions. Lauréat « de deux concours successifs dans cette section « même, j'ose y mêler les miennes. J'ajoute « qu'elles n'ont pas paru déplacées. M. Cousin, « à qui je les ai déclarées tout d'abord, les ^< agrée pleinement. M. Guizot, de son côté, les « encourage avec une bienveillance dont je (( suis profondément touché. En somme, et sauf (( illusion, les membres que j'ai vus m'ont « témoigné plus que de la politesse...

« Comme tout candidat, j'éprouve le désir « naturel de réussir ou je voudrais du moins « que la campagne que j'entreprends me créât (( des précédents sérieux pour une candidature (( ultérieure. C'est à quoi. Monsieur, et en

« toute hypothèse, vous pourrez singulière- « ment m'aider... »

Après avoir constaté que le premier résultat à obtenir, c'est d'être parmi les candidats que présentera la section de philosophie à TAcadémie, présentation sur laquelle il croit d'ailleurs pouvoir compter, il continue :

« La balance des titres y sera sans doute « scrupuleuse et je ne réclame pas autre chose. « Cependant, pourquoi ne confierais-je pas mes « craintes h votre discrétion? En une telle cir- « constance, les amitiés, les relations, les couce rants politiques sont pour beaucoup. C'est « contre ces prépondérances que j'ai particuliè- « rement besoin d'appui. Et vous me compren- « drez d'un seul mot si je vous nomme, sous le « sceau du secret, celui qu'on semble surtout « m'opposer : c'est M. Bersot, ancien secrétaire « de M. Cousin et rédacteur des Débats, Je de- (( mande où sont les titres philosophiques de « M. Bersot (29 février 1864). »

M. Nourrisson avait raison : Bersot était un moraliste plutôt qu'un philosophe; aussi, c'est dans la section de morale que, après cet essai, il se présenta, et réussit, à une très prochaine vacance. Il n'est guère de candidat qui n'ait, de quelques mots recueillis dans ses visites, rapporté la

crainte de voir surgir tout à coup un rival redoutable. Et, souvent, le rival supposé ne songe môme pas à se présenter. Ce sont les petites épreuves de cette période plus ou moins troublée, suivant les tempéraments, qu'on appelle une canditature.M. Félix Nourrisson n'avait que quaranteetunans, mais ses titres étaient incontestables, et, môme au dehors delà section àlaquelle se référaient ses travaux, son nom, deux fois proclamé dans les séances annuelles parmi ceux des lauréats de prix importants, était connu de tous. Dans les classes de Tlnstitut qui sont divisées en sections les candidatures aboutissent plus lentement. Il est très exceptionnel d'être élu dès la première fois, et des vacances qui ne se produisent que sur sept ou huit sièges se suivent naturellement à des intervalles plus espacés. C'est pourquoi Félix Nourrisson, après avoir pris rang en l'année 1861, ne fut élu qu'en

M. de Barante ne fut pas surpris de l'ouverture qui lui était faite. Lui aussi, en apprenant la mort de M. Saisset, avait pensé que le moment était venu. Il était d'ailleurs tout à la disposition du candidat:

« En voyant une vacance dans la section de « philosophie j'ai tout de suite pensé à vous.

« Je ne parle pas des droits évidents que vous « avez à remplacer M. Saisset, mais des chances i< d'élection. Evidemment, le suffrage de M. Gou- « sin et de M. Guizot en entraînera beaucoup « d'autres. Vous auriez dû m'écrire plus tôt... « Je crois que je serai à Paris dans huit ou dix « jours... Si vous ôtes présenté par la section « et si j'arrive à temps, je tâcherai de gagner « des voix; mais je vis si peu à Paris que je « n ai pas grande influence (2 mars 1864). »

Comme il l'avait écrit, M. Nourrisson posait sa candidature avec l'approbation, sinon, cependant, avec l'appui de M. Cousin :

« Mon cher Nourrisson, je m'empresse, malce gré Tétat demesyeux, de vous écrire quelques « lignes pour vous dire que je trouve vos pré- « tentions naturelles et bien légitimes. J'ignore (( quel sera l'élu, mais je ne doute pas que vous « ne soyez sur la liste de l'Académie. Malheu- « reusementje ne pourrai vous être bon à rien, « car l'Académie, dit-on, est pressée de remplir « le vide, et moi je suis condamné à rester « ici plus longtemps que je ne voudrais. Je veux « pourtant vous donner un bon conseil. Ne i< pourriez^vous imprimer votre dernier mémoire « sur la psychologie? Il est fort bon, et, avec « votre ouvrage sur Leibnitz, il poserait bien

« votre canditature. Le temps est ici froid et « triste et je cherche en vain mon hiver de Tan « passé. Je suppose que vous avez de bonnes « nouvelles de M. de Barante : rappelez-moi « à son bon souvenir et croyez à tout mon « attachement (2 février 1864). »

L'arrivée de M. de Barante à Paris ayant subi quelque retard, M. Nourrisson lui écrit pour le mettre au courant des vicissitudes de sa candidature :

(( Si je n'avais espéré de jour en jour avoir (( l'honneur de vous voir ici, il y a déjà longce temps que je vous aurais remercié de la lettre « que vous avez bien voulu m'écrire. J'apprends « que vous n'arriverez guère qu'à la fin de la (( semaine prochaine. C'est pourquoi je ne veux « pas tarder davantage à vous exprimer combien « votreintêrêtm'aprofondémenttouché, et aussi « à vousdireà quel point en est macandidature. « Sauf illusion, j'ai sujet d'être très satisfait de (( mes visites. J'ai rencontré chez la très grande (( majorité des membres de l'Académie beaucoup « plusquedela politesse. M. Guizot, notamment, « est parfait pour moi, et son crédit est consi- (( dérabie. Reste la section, dont la présentation « etles rangs de présentation auront une extrême (( importance. Elle me présentera certainement,

« mais j'ignore à quel rang et je doute que « M. Cousin ne soit pas irrésistiblement attiré « du côté de ses anciens élèves et secrétaires. « C'est là que je pourrais être utilement secouru « par M. de Rémusat, que, d'ailleurs, j'ai eu « rhonneur de voir récemment et dont la bience veillance marquée m'a clairement fait con- « naître que vous lui aviez écrit.

« La date de l'élection n'est pas encore fixée « et paraît toujours subordonnée au retour de « M. Cousin (25 mars 1864). »

Dans la séance du 20 août, à l'Académie des Sciences Morales, la commission du prix Bordin présenta son rapport. Le sujet proposé est ainsi conçu :

La philosophie de saint Augustin^ ses sources^ son caractère; ses mérites et ses défauts; son influence et particulièrement au xvii* siècle.

Cinq mémoires avaient été déposés, dont plusieurs d'un réel mérite. Le concours était exceptionnel. Le prix fut attribué à M. Nourrisson et une mention très honorable au concurrent classé immédiatement après lui.

Cette année, M. Nourrisson ne passa à Thiers que quelques jours et ne put même pas aller à Barante. Le 22 septembre, rentré à Paris, il écrit à M. de Barante pour lui en exprimer ses

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regrets. En toute hâte, pour qu'il paraisse, s'il est possible, avant Télection, on imprime le premier volume du mémoire sur saint Augustin récemment couronné. Malheureusement Tappui de M. Cousin, qui aurait pu être décisif, ne semble pas acquis au candidat.

C'est aussi l'impression de M. de Barante :

« Je n'ai pas encore votre Saint Augustiîi ; il (( devraitbien vous ouvrir laporte de l'Académie. « Je crains comme vous que M. Cousin ne vous « soit pas favorable, sans pourtant vous être « malveillant; mais il a une préférence pour « ceux qui sont éclos sous son aile. Vous ne « l'avez peut-être pas assez soigné. J'ai plu- « sieurs fois parlé de vous à M. Guizot et je l'ai « trouvé en très bonne disposition (26 sep- (( tembre 1864). »

En effet, quelques jours après cette lettre, M. Nourrisson en recevait une de M. Guizot qui, sans donner une promesse formelle, témoignait tout au moins de beaucoup de sympathie et des meilleures intentions :

(' Je trouve votre candidature. Monsieur, « parfaitement naturelle, légitime et votre « dernier succès est certainement un grand (( titre. Je ne peux ni ne veux prendre aucun u engagement, je ne dis pas avec aucun candi-

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« dat, mais avec moi-môme, avant d'être rentré à « TAcadémie et d'avoir causé avec mes amis.

« Ce que je puis dès à présent vous dire, c'est « que j'aurais un vrai plaisir à vous trouver « de bonnes chances et à les seconder. Je sais « a quel point vos idées et vos tendances géné- « raies sont en sympathie avec les miennes « et je tiens beaucoup à la prépondérance des « miennes; je les crois bonnes au fond et plus « essentielles aujourd'hui que jamais au bien (( des âmes et des sociétés. J'attendrai avec « impatience la publication de votre ouvrage « sur saint Augustin. J'ai beaucoup lu jadis, et « môme un peu expliqué saint Augustin.

« Je n'ai encore entendu parler d'aucun des- « sein, dans l'Académie, pour presser l'élection. « Si elle doit se faire avant l'hiver, j'aimerais « mieux que ce fût à la fin qu'au commencement « de novembre, mais tenez-moi au courant de « ce que vous apprendrez à ce sujet. Je ne resterai « pas étranger à nos élections.

« Croyez, Monsieur, k mon estime particu- « lière et à mes sentiments les plus distingués c( (6 octobre 1864). »

Le 7 novembre, M. Nourrisson tient encore M. de Barante au courant de ses démarches : « Je « fais campagne avec les mômes dispositions où

« je serais si je devais réussir. Ma candidature « sera tout le moins un précédent et les voiî « que je pourrai obtenir un appoint pour des « temps meilleurs. »

Le candidat voyait juste et se rendait bien compte de la situation; sa première candidature lui ferait prendre rang; c'est la loi commune. Il n'en pressait pas moins l'impression de ses deux derniers mémoires couronnés par l'Institut :

« M"*'' de Nervo m'a dit que vos précau- « tions vous réussissaient à merveille et qu'il « y avait motif de croire que vous viendriez ici « au printemps. Nul n'en sera plus heureux que (( moi. Vous me trouverez selon toute apparence « à cette époque délivré [ogni modo) de mes « préoccupations d'élection. Elle doit avoir « lieu à la fin du mois et je m'y prépare en « imprimant. J'en suis quitte envers mon Saint « Augustin^ dont j'attends d'un jour à l'autre « les exemplaires et j'ai commencé l'impres- « sion de mon précédent mémoire sur la « psychologie. Mais tout ce bagage serait inu- (( tilc si je ne devais ôtre soutenu par de bonnes

1. La philosophie de saint Augustin, Paris, Didier, 1865. 2 vol. in-8'.

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« influences, telles que celles que vous voulez « bien songer à me ménager.

« Nous sommes ici, comme vous pensez bien, « dans nn inconnu assez agité. L^ency clique « d'une part, et, d'un autre côté, la nomination « du prince Napoléon ont beaucoup animé les « esprits. Aussi attendons-nous Touverture delà « Chambre avec quelque impatience. En atten- « dant, la brochure de Monseigneur d'Orléans « a grand succès et se trouve l'objet du moment. « Pour ma part, je regrette que le pape ait cru « devoir formuler un certain nombre de pro- « positions qui se justifient sans doute par des « cas particuliers, mais qui semblent aussi « inapplicables à une foule d'autres cas particu- « tiers. Il y a là, en tous sens, des traditions (( scolastiques dont il m'est difficile de saisir « l'opportunité. J'aurais aimé à causer avec « vous de toutes ces choses (31 janvier 1865). »

M. Félix Nourrisson, et par les tendances de son esprit et par ses travaux, appartenait à cette école de catholiques intelligents, dévoués de cœur à l'Eglise et à la France, qui, à cette époque, avaient comme organes Le Français ^i Le Correspondant, Dès Tannée 1855, le prince Albert de Broglie l'avait convié, en leur nom, à seconder par sa collaboration cette revue dans

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son effort « contre ceux qui semblent avoir (( juré de brouiller sans retour la religion avec « la raison et la liberté' ». Mais ces derniers, dès que parut l'encyclique, cherchèrent à s'en emparer pour la retourner, comme une arme offensive, contre leurs adversaires. De là une émotion dont se ressentent peut-être les dernières lignes de la lettre que nous venons de citer, émotion bien vite calmée, d'ailleurs, par l'approbation que donna la cour de Rome à la lettre de l'évoque d'Orléans. Au reste, M. Nourrisson, quoique d'esprit très indépendant et très jaloux de la liberté de penser, professa toujours beaucoup de respect et de soumission pour l'autorité pontificale ; non seulement il vénérait en Pie IX le chef de l'Eglise catholique mais aussi il éprouvait pour l'homme une profonde et très respectueuse sympathie, l'ayant approché dans plusieurs audiences, une, entre autres, que le Saint-Père prolongea par un long et bienveillant entretien.

M. de Garante espérait aussi que bientôt il lui serait possible de s'entretenir avec M. Nour-

1. « Cette cause manque de défenseurs, ajoutait le prince « de Broglie; l'ordre de vos idées, les travaux que vous avez si déjà publiés nous permettent de compter sur votre sym- « pathie et j'ai promis de vous le rappeler... » (Voir la lettre entière plus haut. p. 100.)

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risson deTencyclique, des élections académiques et des mille sujets auxquels tous les deux s'intéressaient et qui alimentaient leurs causeries, leur amitié et leur mutuelle estime :

(* Mon projet est de passer quelques semaines « à Paris au mois d'avril. Peut-être y serai-je « pour les élections, ainsi que MM.de Broglie, « Cousin et Mérimée. Je pense que l'élection « qui vous intéresse se fera à la môme époque. « Où en ôtes-vous avec M. Cousin? Lorsque « je lui ai parlé de vous, il m'a paru très bience veillant, mais mal disposé pour l'élection. « Comptez-vous sur M. Guizot? Je lui avais « parlé et il m'avait paru bien disposé. Ce que (( je lui écrirais ne changerait pas sa résolution « si elle était arrêtée.

« Il mesemhlequewoive Saint Attgustin a eu « beaucoup de succès. Les journaux n'en ont « pas assez parlé. J'aurais voulu un bon article « dans Le Correspondant. Ma,is,pouTle moment^ (( on ne pense, ne parle, n'écrit que pour l'en- « cyclique. Quelle sera la solution religieuse « et politique de cet imbroglio où l'on s'est « jeté sans prévoyance et sans projet arrêté?

« Je vous prie d'avoir la bonté de remettre « à mon fils le Saint Augustin, Il me l'enverra « (6 février 1865). »

M. Nourrisson préféra envoyer son livre par des voies plus rapides :

« J'espère que vous avez reçu mon Saint « Augustin^ que j ai eu Thonneur de vous « adresser par la poste. Cette voie m'a paru la « plus courte et, par conséquent, celle qui con- « venait le mieux à mon empressement. Puisse « ce travail ne pas trop rester au-dessous de « votre attente!

« Je suis ravi d'apprendre que vous projetez « d'être ici en avril. Après l'élection assez « orageuse de M. Cochin, mon Académie va « songer à une élection dans la section de « politique avant de passer à la philosophie. « Je ne serai donc en cause que dans six (( semaines. Cependant, le cas échéant, je vous (( demande la permission de vous tenir au « courant de ce qui me concerne. Car vous « savez combien je compte sur votre bienveil- « lant appui et combien j'en suis reconnaissant « (19 février 1865).»

Presque aussitôt, M. de Barante accuse réception du livre et communique à l'auteur ses premières impressions :

« Monsieur et ami, j'ai reçu la Philosophie de « saint Augustin que vous avez eu la bonté de « m'envoyer. J'aurais dû vous remercier, mais je

%( me suis mis à lire. Quelles que soient la clarté « et Téloquence du style, on s'arrête pour mé- « diter et s'approprier ces grandes pensées.

« Je ne m'étonne pas du succès que vous

« avez obtenu M. Cousin sera sans doute de

(( retour avant l'élection. Bien qu'il soit aussi en « butte à certains philosophes, je crois qu'il aura « de l'influence. J'écrirai au duc de Broglie; je « le crois bien disposé. Voyez M. Guizot (24 fé- « vrier 1865). »

LeSaint Augustin eut, en efiFet, un succès mérité. C'est certainement, avec le Voltaire^ le meilleur ouvrage de Félix Nourrisson. 11 y était, d'ailleurs, préparé de longue main, s'en étant préoccupé dès son séjour en Angleterre, de même que déjà aussi il relisait les œuvres de Voltaire*. La manière dont le sujet indiqué par l'Académie est exposé dans sa préface prouve par quel sérieux eff^ort de travail l'auteur sut le mener à bonne fin :

« Evidemment, la connaissance des textes doit « en être la base. Il ne suffirait même pas de s'en « tenir aux ouvrages de saint Augustin où éclate « le plus particulièrement sa pensée philoso- « phique. Ce sont ses œuvres complètes qu'il

l.Voir plus haut, pp. 92 et 95.

« s'agit d'explorer; c'est dans la collection vo- « lumineuse dont nous sommes redevables au (( patient labeur des Bénédictins qu'il est néces- '( saire de s'enfoncer résolument. Car, alors « môme que saint Augustin s'exprime en inter- « prête de la foi, il ne cesse presque jamais d'en « appeler à la raison. Ajoutez qu'il serait arbi- « traire de choisir parmi ses écrits et qu'on ne <( peut se flatter de posséder exactement sa pence sée qu'autant qu'on a pris à tâche delà suivre, « en tenant compte des dates, dans ses diverses « évolutions. D'autre part, pour scrupuleuse que « fût cette exposition, elle ne répondrait qu^im- « parfaitement au programme proposé si elle (( ne se terminait par un examen à la fois his- (( torique et critique de la philosophie de saint « Augustin. De la sorte, il devient nécessaire de « démêler avec soin, dans les doctrines de <( l'évoque d'Ilippone, les éléments d'emprunt (( et les parties originales. 11 faut ensuite en « considérer les développements et en constater « les résultats. On ne peut enfin se dispenser, « quelque vénération qu'impose ce pur et sym- (' pathique génie, de se prononcer nettement « sur la valeur de ses théories...

« Dans une première partie du travail que (( j'entreprends, je m'efforcerai de donner de la

'< philosophie de saint Augustin une claire et « complète idée, tantôt par de libres expositions, ( tantôt par des paraphrases, le plus souvent < par des citations littérales, toujours par des « traductions dont il sera facile de vérifier Texac- « titude.

« Dans une seconde partie, j'essayerai suc- « cessivement l'histoire de la critique de la « philosophie de Tévêque d'Hippone.

« Mais je voudrais, auparavant, [dans une « introduction], replacer saint Augustin au « milieu de son temps ; tracer une rapide « esquisse de sa vie; dégager de ce récit même « le tableau de son âme; expliquer les « démarches de son esprit par la date et la « nature de ses ouvrages ; et, en marquant les « périodes que sa pensée a tour à tour parce courues, indiquer comment, pour lui, ont pris <( naissance les problèmes dont Tensemble « constitue proprement sa philosophie*. »

Quelques semaines après le Saint Augustin^ parut à son tour en volume La nature humaine^ mémoire sur la psychologie que Tlnstitut avait également couronné en 1862 ^ 11 ne faut pas se

i. La philosophie de saint Augustin^ 1. 1, pp. ix-xii. 2. La nature humaine. Essais de psychologie appliquée. Paris, Didier, 1863, in-8«.

laisser tromper par le nom mémoire appliqué aux travaux que M. Nourrisson présenta à l'Académie des Sciences Morales. Chacun de ces métnoires est un ouvrage considérable : la Philosophie de Leihnitz forme un volume in-8** de 500 pages ; la Philosophie de saint Augustin se compose de deux volumes et La natiireh umaine d'un volume non moins considérable qui ne représente que la première partie du mémoire*.

« Vous avez dû recevoir, en môme temps que (( cette lettre, un nouveau volume dont je vous « prie d'agréer l'hommage. C'est la première (( partie de mon mémoire sur la psychologie que (( l'Académie a couronné il y a trois ans. J'en « ai entrepris l'impression à l'instigation suret tout de M. Guizot2,et j'espère que ce me sera « un appoint de candidature...

(( M""" de Nervo m'apprend que votre santé « continue à être satisfaisante, et que vous (( comptez toujours être ici pour le 6 avril. (( Naturellement, je désire beaucoup qu'il en soit « ainsi. Car, outre le plaisir très vif que j'aurai • a à vous revoir, je me sentirai dans votre préce sence un appui précieux (28 mars 1865). »

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