LA DUCHESSE, ADRIENNE
LA DUCHESSE
Voyons, nous voilà seules, viens t’asseoir, là, ptès de moi, et parle, parle vite.
ADRIENNE
. Près de toi !
Elle s’agenouille devant la duchesse.
LA DUCHESSE
Que fais-tu ?
ADRIENNE
C’est à genoux que je veux tout te dire...
L A. DUCHESSE
A genoux!... que signifie?...
Laisse-moi te rappeler d’abord, combien tu as été affectueuse et bonne pour moi ; laisse-moi évoquer le souvenir de cette tendresse infinie, de cet amour sans bornes dont tu as entouré mon enfance et charmé ma jeunesse ; laisse-moi parler encore de tes douces caresses, de tes larmes quand j’étais souffrante... de tes joies quand j’étais heureuse, laisse-moi te dire, enfin que tu as été pour moi la meilleure des mères ; oui, oui, tu as été tout cela... Et je n’étais pas ton enfant.
LA DUCHESSE, avec force.
Que dis-tu là !...
ADRIENNE
Non... je ne suis pas ta fille.
LA DUCHESSE
Qui te l’a dit ?... C’est un, mensonge entends-tu ? c’est, un mensonge...
ADRIENNE
C’est la vérité, hélàs ! C’est la vérité, ma bonne et chère m... Ah! je souffre bien, va, de n’avoir plus le droit de te donner ce nom adoré.
LA DUCHESSE
Et moi je n’y renoncerai jamais !... personne ne peut t’arracher à ma tendresse. Dieu m’avait donné autrefois une petite fille qui est morte, un ange qu’il m’a repris ; mais c’est pour quelque temps seulement qu’il me l’avait enlevé... et il me l’a rendu, et c’est toi, Adrienne, toi qui es à moi, et que je veux garder toujours... toujours, entends-tu ?
ADRIENNE
C’est impossible !...
Impossible! Ce qui est impossible c’est que nous nous