QUATRIÈME PARTIE
LE DUC
Heureusement, voici de quoi faire diversion. Nous avons, Raoul et moi, dévalisé Toulon. Si j’avais écouté notre amoureux toute sa fortune y aurait passé.
RAOUL, s’approchant d’Adrienne. ©
Rien ne me semblait trop beau pour vous être offert, Adrienne.
AD RI EN NE
Ce sont là de riches présents dignes de la fille du duc d'Aubeterre, mais je n’ai pas le droit de les accepter.
LE DUC et LA DUCHESSE.
Adrienne !
RAOUL
Que dites-vous ?
adrTenne.
Ce que l’on m’avait caché jusqu’à ce jour, ce que vous ignoriez vous-même... Raoul. J’ai été recueillie dans cette demeure par commisération, par pitié... je ne suis pas la fille...
RAOUL, vivement.
Je le savais, Adrienne.
ADRIENNE
Vous le saviez !
RAOUL
M. le duc m’avait confié ce secret.
LE DUC
Je lui devais la vérité; mais j’étais sûr d’avance qu’elle ne changerait rien à ses sentiments pour toi.
RAOUL
A mon amour, chère Adrienne.
LE DUC
Un jour nous avons recueilli, la duchesse et moi, une
enfant sans famille; nous l’avons aimée, adoptée, et elle est bien réellement aujourd’hui mademoiselle d’Aubeterre.
ADRIENNE
Non, monsieur le duc, elle ne peut plus l’être, car cette enfant n’était pas tout à fait orpheline...
LE DUC
Comment ?
ADRIENNE
Mon père existe... Je l’ai revu...
LE DUC
Il existe ! (a chamboran.) Mais n’as-tu pas dit, toi, le jour où tu amenais dans notre maison cette pauvre enfant malade qu’elle était sans appui, sans secours, et que jamais personne ne la réclamerait?...
CHAMBORAN
Je l’ai dit, monsieur le duc... et c’était la vérité, car même aujourd’hui, je l’affirme, personne ne la réclame.
LE DUC
Mais ce père, qu’elle a retrouvé ?...
CHAMBORAN
Ce père, vous le connaissez, monsieur le duc, ce père, c’est Jean Renaud !...
Jean Renaud! l’assassin de...
LA DUCHESSE
De Madeleine ! ma sœur de lait que j’aimais presque autant qu’une véritable sœur !
ADRIENNE
Non, non, mon père n’a pas commis ce crime épouvantable.
CHAMBORAN
Aucune preuve ne s’élevait contre Jean Renaud et il