‹ Une cause célèbre; drame en six partiesChapitre 77 sur 102 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LAZARE, seul. Il est assis auprès d’une table.

Cette enfant- dont les cris m’avaient si longtemps poursuivi, dont je revoyais souvent la mère pâle et sanglante, cette enfant, c’est ici que je la retrouve! Et me demandant de justifier son père!... Une sorte de vertige s’est emparé de moi tandis qu’elle m’implorait : j’ai cru que j’allais me trahir!... mais une pensée m’a bientôt rendu calme, impassible. Je sentais ma force. (Allant à une valise de voyage placée sur un meuble.) J’avais là d’irrésistibles armes ; (En parlant il, étaie une partie du contenu.) ces bijoux, Ces titres, ces papiers de famille... Un autre à ma place, se serait hâté de les faire disparaître; moi, plus audacieux et plus habile, je les ai hardiment étalés aux yeux de tous. Le vieux de Mornas avait cessé de vivre, personne, en son lieu d’exil, ne connaissait son fils, j’ai ressuscité ce fils, et des preuves mêmes de mon crime, je me suis fait une notoriété, un grand nom, et je me ferai bientôt une grande fortune. Allons, un pas encore et j’aurai complété mon œuvre. C’est aujourd’hui qu’arrive ici l’un des ministres du roi, et ce gentilhomme qui m’a presque imposé

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