MADELEINE, ADRIENNE
ADRIENNE
Tiens, maman, vois-tu tout ce monde sur la place?
Ce sont nos voisins qui disent aussi adieu à ces braves gens. Voilà qu’ils se mettent en marche. Chacun rentre chez soi, les lumières s’éteignent. On ferme les portes.
ADRIENNE
Ah! comme ilfait noir par là!... rentrons vite et ferme bien... j’ai peur, la nuit.
MADELEINE, fermant.
Est-ce ^ue je ne suis pas avec toi?
ADRIENNE
Ah ! si! mais ce n’est pas comme quand papa est à la maison.
MADELEINE
Tu n’as plus peur alors I
ADRIEN NE
Quelquefois, quand il se fâche bien fort contre toi et que je suis enfermée dans la chambre.
MADELEINE
Eh bien, sois tranquille, il ne se fâchera plus et tu ne seras plus enfermée.
En ce moment on frappe doucement à la port*. AERIENNE, s’arrêtant effrayée.
Mère, on frappe.
MADELEINE
C’est sans doute la [vieille Marthe qui a oublié son tricot.
Elle se dirige vers le fond.
ADRIENNE, se cramponnant à elle.
Oh! maman, prends garde.
MADELEINE
Mais ne crains donc rien. (On frappe de nouveau un peu plus fort.) Qui est là?
UNE VOIX, au dehors.
C’est moi, Madeleine, ouvre vite.
MADELEINE
Jean Renaud !
Elle se hâte d’ouvrir. Jean Renaud se précipite dans la chambre.