‹ Une cause célèbre; drame en six partiesChapitre 87 sur 102 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

ADRIENNE

Que veux-tu dire? Je ne comprends pas.

VALENTINE

Ecoute-moi donc.... Ecoute-moi bien, Adrienne, et réponds avec toute la sincérité de ton âme.

ADRIENNE, étonnée.

Parle.

Si la terrible accusation portée contre Jean Renaud, il y a douze ans, s’était produite quelques années plus tard et si, alors, dans toute la plénitude de ta raison, tu avais été persuadée d t la culpabilité de ton père, réponds... qu^ aurais-tu fait ?

ADRIENNE, étonnée.

Moi?

VALENTINE

L’aurais-tu... dénoncé?

ADRIENNE

Jamais ! oh ! jamais !

VALENTINE

Jamais, dis-tu ?

ADRIENNE

Non, non, jamais!

VALENTINE

Quoi! si tu avais été convaincue de son crime?...

ADRIENNE

Est-ce qu’une fille peut accuser son père ?

VALENTINE

Si tu avais entre les mains les preuves de son crime?

ADRIENNE

Sa honte m’aurait tuée ! Je serais morte et ne l’aurais pas d énoncé.

Y ÂLENTINE.

Mais si un autre avait été accusé, s’il avait été condamné comme l’a été ton père, à la place du criminel; si cet autre, arraché à tout ce qu’il aime, courbé sous la chaîne, écrasé sous l’opprobre du bagne, expiait injustement ce crime, comme l’expie depuis tant d’années ton père innocent, que ferais-tu? Parle!

ADRIENNE

Ah! tu me rends folle, je ne sais pas, moi... Je ne sais pas.

VALENTINE, d’une voix grave.

Le ciel t’inspirerait (a part.) comme il m’inspirera peutêtre.

ADRIEINNE.

Mais pourquoi me demandes-tu cela?

VALENTINE, tristement.

Pourquoi?...

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