‹ Une chaine comédie en cinq actes et en prose par m. E. ScribeChapitre 25 sur 74 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

EMUERIC, riF.CTOn, entrant par le fond.

EMUERIC.

Ah! te voilà ?

DECTOR.

Oui... mon ami , conseil et avoné de M. de Saint-Gcran... une clicnlelle superbe que ic le dois... Je viens pour son procès... Depuis <ics siècles il était en panne... mais, grâce à r.toi

nous allons gagner le large ci manœuvrer «le manière...

EMMERIC.

Ah ça! prends garde... on dirait que c'est toi qui es le marin !

HECTOR

C’est vrai! je m'identifie tellement avec mes diens... Et toi. qui t’amène?.. Tu venais aussi pour lui rendre compte de l’autre affaire... de la tienne?..

EMMERIC.

Oui, mon ami. ,

IlECTOn . vivement et a ilemi-voiv.

Raconte-moi donc cela... Tu sors de chez elle?..

r. MM F. Rtc.

Oui , je viens de l’autre bout de Paris... J'arrive à l'instant.

Eh bien?..

EMMERIC.

Eh bien !.. mon ami, tout est fini tout est

rompu... ou, du moins, c’est toot comme...

HECTOR

Vivat ! Et M. de Saint-Coran qui prétendait qu'on n'en venait jamais à bout!.. Reçois mon compliment... pour toi et pour mob

EMMERIC.

Comment cela ?

HECTOR

Je pouvais , encore une fois, me trouver compromis!.. Je lie connaissais pas ce matin les conséquences d'une amitié comme la tienne...

c’est trop dangereux... Je sors de chez ton oncle , qui t'attend , par parenthèse.

EMMERIC.

Ont, fai promis d'aller le prendre ainsi que nia cousine , pour sa première sortie.

HECTOR

Eh bien ! sais-tu , mon ami , qui l'ai rencontré tlans son salon?.. Sa fille, causant... avecqui?.. avec M"* Victoria Giraut!

EMMERIC.

Ta prétendue?..

nrcTon.

Elles se connaissent! M. Giraut. le négociant en vins, qui achète tous les ans desmédoc et îles saint-émilion , emmenait souvent avec lui sa bile à Bordeaux... chez ton oncle Clérambeau, son commettant... et les deux demoiselles se sont liées d’amitié...

EMMERIC.

Eh bien !.. où est le mal?

I1ECTOR.

Tu ne le devines pas?.. Ta cousine lui aura Inul dit... Ces petites tilles sont si bavardes... Elle lui aura raconté cette conquête dont je suis innocent, et que tu as passée à mon ordre...

cette lettre... celle.pateioo... dont je ne suis que le manteau et l’enveloppe...

EMMERIC , cherchant h le rassurer.

Peut-être , mon ami 1

HECTOn.

Il n'y pas de pent-être... J’en suis sûr; car, au moment où je sortais du cabinet de ton oncle. Victoria m’a dit : « Ah ! ah ! 11. Hector Bal-

landard fait des viclin.es et des ravages dans la haute société... Il est en correspondance avec des comtesses ou des baronnes. » Tu vois ce dont tu es cause... J'ai voulu niersaus te compromettre... ce qui m'a donné un air gauche et embarrassé qu’on a pris pour de la discrétion... Et, maintenant, toi et moi dirions la vérité, qu'on ne nous croirait pas.

EMMERIC.

Eh bien ! ne disons rien !

Ne rien dire!.. Et moa mariage qui va manquer... Je sais perdu !..

EMMERIC.

Quelques jours encore , et je te justifierai près de la famille Giraut, et je donnerai des preuves telles qu’il laudra bien qu’on y ait confiance !..

tlECTOR.

A la bonne heure!., car Victoria a des yeux noirs superbes, et, quoique née ù Bercy, tu la prendrais pour une Espagnole... Et puis elle a deux cent mille francs... de dot... Et quand ou est amoureux...

EMMERIC, souriant.

De la dot?

nr.cTon.

Du tout!.. Mais tout cela se confond tellement que je serais désole de les séparer... dans mon affection ! Aussi , mon ami, et pour nous deux , tu as bien fait de rompre ; car, je te le dis en confidence... cette liaison commençait à sa répandre , à s’ébruiter.

EMMERIC.

Qu'en sais-tu ?

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