HECTOR, M. DE SAINT-GERAN
U. DE SAINT-GERAN , qui vient de reconduire Emmeric.
Pauvre jeune homme ! il en est réellement tout bouleversé... (Regardant Hector.) Eb mais! et vous aussi?..
HECTOR , à part.
Je n’ai pas une goutte de sang dans les veines.
M. DE SAINT-GERAN.
La même physionomie...
HECTOR, balbutiant.
Je... je l'aime tant, ce... ce cher Emmeric... que... que tout ce qu'il éprouve..,
H. DE SAINT-GERAN, riant.
Je conçois cela !.. Oreste et Pilade n'avaient qu’un cœur... mais pas la même ligure... et la vôtre est impayable...
HECTOR
Vous êtes bien bon ! (A part.) Je ne sais plus ce que je dis.
H. DE SAINT-GERAN.
Venons à notre procès... car vous êtes de bon conseil... et vous avez, surtout en affaires, une clarté et une lucidité... dont j'ai été charmé. Voici les papiers... dont je vous ai parlé. (Montrant la table a gauche.) Nous allons , si vous le voulez bien, les examiner ensemble.
(Il traverse le théâtre et va l’asseoir a la table A gauche, en face d'Hector.)
HECTOR , pendant ce temps , A part , A droite au bord du théâtre.)
Cet homme si terrible!.. Si cela se découvre... Emmeric... et moi, peut-être, qui aurai été complice de cette trahison...
M. de SAINT-GERAN, assis A la table et l'appelant.
Quand vous voudrez...
liseron.
Oui, M. le Comte...
(Il va ^'asseoir vls-à-vi» do lui.)
U. DE SAIRT-GKRAtV.
Vold primo les papiers qui établissent notre parenté... et nos droits à la succession...
HECTOR , toujours troublé.
Oui, Monsieur... Vous dites une succession ?..
M. DE SAINT-CERAtV.
Dont je tous ai parlé... celle de notre oncle , décédé sans eofans à la Martinique... l'onde de ma femme.
HECTOR
De votre femme... (S’oubliant malgré lui.) Ah! si je l'avais su...
H. DE SAINT-CERAX.
Quoi donc?
HECTOR , cherchant S se remettre.
Que votre oncle de la Martinique fût décédé sans eofans...
M. DE 8AIXT-CERAN.
Mais vous le saviez... Je vous l’ai expliqué... et, d’après les pièces... vous voyez que notre grand-onde...
HECTOR
Celui de la Martinique ?..
H. DE SAINT-GERAN.
Non... Son père avait épousé une Saint- Dlzier, également notre grand'tante. . . de sorte que, des deux côtés, l'héritage devait nous revenir... puisque c’était la tante de ma femme. Et, d'après l'ordre généalogique... notre grandoncle... Vous comprenez...
HECTOR , avec (rouble et vivemeht.
Je comprends... je comprends... à merveille... votre grand-oncle était... sa lame... u. de smnt-geran, partant d'un éclat de rire.
Qu'est-cc que vous me dites là?
HECTOR
Pardon! pardon!., (a part.) Dieu ! quel tort ieme fais!.. (Haut.) Je vous avoue que j’ai une migraine... un mal de léle... qui m'empêche... de voir... et de comprendre.