‹ Une chaine comédie en cinq actes et en prose par m. E. ScribeChapitre 63 sur 74 · ALINE, HECTOR · texte numérisé non relu

ALINE, HECTOR

HECTOR

Oui, Mademoiselle, j'ai fait votre commission, et en sortant de table i'ai couru de votre part chez M'“ Victoria Giraut, que j'ai invitée pour ce soir.

ALINE

Et elle accepte?

BECTOR.

Avec une bonté... une gracieuseté... Elle me permet de venir la chercher, de lai donner la main... etson père, le négociant en vins, M. Giraut, qui n'y met pas de finesse... m'a dit en me reconduisant: « Ma toi, mon cher, c'est à confondre... mais je crois qu'elle vous aime... » Il ufa dit cela!..

AUNE

Est-il possible!..

BECTOR. •

Mot pour mot... Et si ce n’était la crainte d'une fatuité qui n'est pas daus mon caractère... j'aurais presque l'idée que le négociant de Bercy a dit vrai : In vino veritas.

ALINE , ne comprenant pas.

Quoi donc ?

HECTOn.

Rien! c'est du latin!., mais dans ma joie...

dans ma reconnaissance, je ne veux plus avoir de secrets pour elle... je lui dirai tout...

ALINE, lui tendant la main.

C’est bien à vous! et voilà qui nous réconcilie... Mais c'est inutile... je lui avais tout appris.

IIECTOB.

Comment?..

ALINE

Votre duel... votre combat... et cet homme que vous avez blessé...

Hector , effrayé.

ï pensez-vous?

' ALINE

Je le devais.

HECTOR , de mémcT

Tout est perdu!..

ALINE

Au contraire... elle s'est écriée avec ravissement et surprise : • Uallandard s'est battu !.. Bullandard a eu un duel!.. » Et si vous aviez \u quelle émotion en s'informant de vous!..

UECTOB, hors de lui.

Elle m'aime!..

ALINE

Elle qui avait juré de ne jamais s’appeler M**Ba!landard... C'est là ce qui la contrariait. .. elle me l’avait dit.

HECTOR

Eh bien! ou l’appellera M"* Hertor... puisqu'elle aime les braves . puisqu'elle m’aime.

ALINE

C’est inconcevable!

nECTon.

Et vous aussi...

ALINE

Quand te dis inconcevable... je parle de son imagination belliqueuse...

HECTOR

Qui pourrait bien avoir ses dangers... car enfin et pour lui plaire, s'il fallait ainsi se battre toutes les semaines... Vous me répondrez à cela qu'une fois qu'on a fait ses preuves... ou n’est plus obligé à rien

ALINE

Certainement! mais apprenez-moi donc...

vous qui savez tout... d'où venait pendant le déjeuner l'air triste et silencieux de mon cousin ?

HECTOR, gatmcnL

Je n’ai pas remarqué... je mangeais... je buvais... je parlais... j'étais si content d'avoir enfin entendu partir cette voiture...

ALINE

Quoi!., quelle voiture?

HECTOR, se reprenant.

Rien!., un client fâcheux que je redoutais...

Enfin , chacun est heureux à sa manière : je suis pour le bonheur expansif, et lui, pour le bouheur taciturne.

ALINE

Non... il y a quelque chose... car lorsque vous avez été parti... ainsi que mon parrain... mon père s'est approché de moi pour me parler. Kiumeric l'a retenu, et quoiqu'ils parlassent bas, j'ai entendu qu'il lui disait : « Uoi, plutôt... uioi... Je vous le promets. »

Micron.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

ALINE , Rataient.

Des affaires qui concernaient mon père... car il est sorti et nous a laissés seuls... cela ne m’a pas effrayée... on assure que c’est l’usage entre prétendus... et Emmeric m'a dit en tremblant : Aline !.. il Tant que je vous apprenne... que vous sachiez que je vous aime plus que tout au monde... que je ne peux vivre sans vous... (Galinent. ) Ce secret, à quoi bon ?.. cst-cc qu'il y a besoin de dire cela?.. Mais pendant qu'il parlait ainsi j'ai cru voir des larmes dans ses yeux... HECTOB, a paru

Grand Dieu!..

ALINE

Je dis : je crois !.. car sans me regarder, sans détourner la tête... il s'est enfui...

HECTOR , a part, avec colère.

Elle a raison... il y a encore quelque chose...

ALINE

Qu’est-ce que ce peut-être? Vous en doutezvous?

HECTOR

Parbleu! quelque contrariété... Son opéra nouveau qui l'inquiète et le tourmente... à cause de vous... car, eulin, si vous uc l’aimiez que pour sa gloire... comme Ù u * Victoria... pour ma bravoure.

Allons donc... ce ne peut être un pareil motif.

HECTOR

A moins que quelque embarras financier dans son budget d’artiste... quelques dettes qu’il ne veut pas dire à votre père...

ALINE

Vous croyez?.. Le voici... Laissez-nous , de grâce!

HECTOR , s’approchant d’Emmcric qui sort de la porte A gauche.

Qu’est-ce encore ?

EMMERIC , dans le plus grand trouble.

Je te le dirai... Laisse-uous?

Hector, a paru

Allons! et puisqu'ils le veulent tous deux... allons chercher Victoria.

(U sort.)

Page 1