SCÈNE II
AUNE, EMMERIC.
EMMERIC, a part et regardant Aline.
Am ai-je celle fuis plus de courage?., il le faut,
pourtant, rar j’ai promis à son père d'immoler moi-même mon bonheur et toutes mes espérances !..
ALINE , a part.
Certainement ! je saurai ce qui le tourmente en y mettant un peu d'adresse...
EUMERIC, avec embarras.
Ma cousine...
ALINE
Eb bien?..
EMMERIC, de même.
Vous causiez avec Ballandard?..
ALINE
Oui... nous causions de sujets indifférons... de jeunes gens de ses amis... ( Vivement. ) Et nous nous disions... c'est évident, qu’un jeune bomme qui arrive à Paris... sans fortune... ne peut pas , quelque talent qu’il ait, sc créer surle-champ une position et un étal!.. En attendant les succès... il faut vivre... et alors il est tout naturel... qu'il emprunte... qu'il fasse des dettes... (Mouvement d’Emmeric. ) Il n’y a pas de mal... au contraire... je l’eu estimerais davantage...
EMMERIC , étonné.
Pourquoi me dites-vous cela?
ALI\E
Pourquoi?., parce qu'il est tout simple qu’on se cache de son beau-père... les beaux- pères ne comprennent pas ou voient les choses du mauvais côté... mais une soeur... une cousine... nue fiancée... moi, par exemple...
Quoi! vous pourriez croire?.. ( n vous a trompée... je vous le jure... je vous l'atteste...
ALINE
Ah! tant pis!..
EMMERIC.
Et vous veniez?..
ALINE
Tout partager avec vous... C'était mon bonheur... et bientôt mon devoir... Et vous. Monsieur, pourquoi ne pas suivre mou exemple?..
voschagntu ne m'appartieiincnt-üs pas?..
EMMERIC.
Ab ! plus je vous entends, et plus il me semble impassible de vous les confier.
ALINE
El moi je les devine, maintenant.
EMMERIC, effrayé.
Que dites-vous ?
ALINE
Certainement je serai litre et heureuse de vos succès et de porter un nom que chacun applaudit... mais les jours de victoire ne seront pas ceux où je vous aimerai le mieux ! dans l'ivresse du triomphe, je vous serais inutile... Mais pour l'artiste même le plus habile et le plus heureux, il cstdesjoursoùia lutte est douteuse on fatale... dans ces momeus-là je serai près de vous...
mon cœur battra de vos craintes ou de vos espéranccs... Pour vous rassurer, je vous dirai : Courage! ou j’aurai peur avec vous.. .El si noussuccuiubons... ali! que je vous aimerai alors... car vous aurez besoin de moi... car mon amour augmentera avec vos peines... cl si vous eu doutez...
Dit
- ui
essayez d’étre malheureux, mon ami, et vous verrez.
EMMERIC.
Ah 1 vous êtes ce qu'il y a au monde de meilleur... et de plus parfait.
ALISE
Non... non... mais je savais bien que Je rencontrerais juste... Ainsi, plus de crainte... plus d'inquiétude... vous ne devez plus en avoir... (Avec amour.) Je n’en ai plus... Et voyez donc quel bel avenir s’ouvre devant nous! des amis... de la considération... une belle fortune, etmieux encore, du bonheur!., car nous nous aimons si bien... et jeunes tous deux, nous pouvons nous aimer si long-temps...
km u c tue , hors de lui.
Ah! toujours, toute la vie... (S'arrêtant.) Non... non... ce n’est pas là ce que je voulais, cejcdevais dire. . . ma is en l’entendant. . . j ‘oublia is tout. .. je ne voyais plus que mon amie... ma femme. alise , se jetant dans ses bras.
Eb bien! n’est-ce pas vrai?
EMMERIC , poussant un cri et la pressant contre son cœur.
Ah!