‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 11 sur 126 · Le Irojet se fait aujourd'hui en iV heures · texte numérisé non relu

Le Irojet se fait aujourd'hui en iV heures

A M" Mal. Feirari à Cassïna Blanca près Pavie.

24 août IWl.

Très cher confrère,

Après avoir répondu à vos lettres, au sujet de votre engagement, par les soins de M« Stéphane de l'ordre des Ermites, j'attendais votre décision, mais elle ne m'est pas parvenue. Ne connaissant pas vos intentions, je n'ai pu traiter définitivement l'affaire. Une lettre de vous m'arrive, dans laquelle vous me dites avoir envoyé deux lettres qui se sont perdues. Il semble que vous soyez disposé à accepter la proposition quej'avais été le premier à vous faire, mais je sais que les Siennois ont passé des engagements avec d'autres. La chose est-elle définitive, je l'ignore, je vais m'en occuper, plus pour en avoir le cœur net que dans l'espoir de réussir, et je vous ferai connaître le résultat. Il y a là-dessous des difficultés occultes et une négligence perfide.

Adieu. Nous sommes bien.

Votre confrère,

LODRISIUS.

La proposition de Lodrisius n'eut pas de suite, Ferrari resta à l'Université de Pavie et son attachement fut peutêtre une des causes de la faveur que lui témoignèrent les ducs Filippe-Marie Visconti et François Sforza.

Car si les étudiants manifestaient parfois une indépendance et une turbulence dangereuses au bon ordre, les professeurs se mettaient, eux aussi, en lutte avec l'autorité universitaire, ils encourageaient les étudiants dans leurs tentatives de révolte, leur donnaient même le mauvais exemple, se montraient impitoyables sur la régularité du payement de leurs honoraires et ne se croyaient pas tenus à la même ponctualité dans leurs cours.

En 1459, le duc de Milan écrivait au chancelier de l'Université :

De grandes et multiples occupations nous ont empêché d'apporter toute notre attention sur les réformes que nous aurions voulu faire à notre Université... Mais nous apprenons par des membres de l'Université et par d'autres personnes dignes de foi qu'un grand nombre de professeurs ne font plus leur cours,

qu'ils se foiil remplacer par des suppléants; que d'autres ont cessé par manque d'élèves, que certains font des cours pour les personnes de leur maison ou à un ou deux élèves qui viennenl au cours par complaisance ou pour prix d'argent, ce qui vraiment ne l'ait pas honneur à notre Université et nous cause à nous grand dommage et grande honte. Aussi nous voulons, donnant à cette lettre force de décret, qu'il soit désormais interdit à tout professeur de se faire suppléer; et celui qui, sans absolue nécessité, se sera fait remplacer, perdra son traitement.

Ceux qui ne feront pas régulièrement leur cours et ceux qui n'auront pas au moins six auditeurs perdront leur traitement. Les sommes retenues pour les raisons ci-dessus seront employées à un objet delà plus haute importance pour l'État. Vous aurez donc à les remettre à notre payeur général.

Cette obligation de donner régulièrement les leçons était à ce point rigoureuse que le duc de Milan écrivait au chancelier de l'Université pour excuser Ferrari qui était allé aux environs de Milan donner ses soins aux princes de la famille ducale :

■12 mai 14'i.j.

Le Duc de Milan, etc.

L'insigne maître es arts et docteur en médecine Jo.-Mat. Ferrari daGrado, professeur titulaire dans notre Université de Pavie, s'absente pour quelques jours, afin de donner ses soins aux membres de notre famille en résidence à Belreguardo et aussi à quelques personnes de notre cour et de notre entourage. Et il ne conviendrait pas que pendant son séjour auprès de nous, séjour qui ne nous est ni moins utile ni moins agréable que s'il restait à son poste, il fût privé de son traitement, de ses honoraires, de ses privilèges et commodités universitaires. Et cela d'autant moins que, pour le temps de son absence, il a pris soin de se choisir un suppléant.

Nous déclarons par les présentes que notre intention est que le traitement de maître Jean-Mathieu, pendant le temps de son absence, ne soit l'objet d'aucune retenue. Nous voulons qu'il louche les émoluments soit de ses leçons, soit du collège comme s'il remplissait ses fonctions. Et comme cela intéresse notre ville, nous mandons aux V. S. prieur et docteurs du Collège des médecins de notre Université, à tous et à chacun qu'il appartient et appartiendra, de recevoir notre déclaration, d'observer nos ordres

et de les faire observer rigoureusement .sous peine laissée à notre décision.

Signé : Marcelinus,

Outre les émoluments attachés à leur chaire, et qui s'élc vaient jusqu'à 5 ou 600 llorins, les professeurs de la Faculté de médecine percevaient des honoraires pour chaque examen de baccalauréat, de licence et de doctorat auquel ils prenaient part. Ceux qui passaient alors pour « les princes de la science » étaient comblés de faveurs par le duc. Giovanni Dondi avait reçu de Jean-Galeas Visconti le bénéfice de Carpiano, qui lui rapportait plus de 2 000 florins de rente. Ferrari, médecin de la duchesse Blanche-Marie, avait obtenu une inspection des finances de Pavie; sa clientèle, ainsi que nous le verrons plus loin, était très étendue. Tout cela constituait une situation pécuniaire des plus enviables et comparable certainement à celle d'un grand médecin de nos jours.

LISTE ET TRAITEMENTS DES PROFESSÉURS DE l'uMVEUSITÉ de PAVIE EN 1433 ET 1467

C'est en 1433 que nous trouvons, pour la première fois, le nom de Ferrari sur la liste des professeurs de l'Université de Pavie pour l'année 1433.

Ex ARCHIVIIS CIVITATIS IN REGISTRO ANNI 14.33 DIE 16 OCT.

In nomine Dni Nostri Jésus Christi. Amen.

ROTULUM DOMINORUM LEGERE DEBENTIUM IN FELICl STUDIO PAPIENSI PrO MEDICIS ET ARTtSTIS.

Oi'dinariœ medicinse de mane.

Fl.

Magister .lohannes de Concoretio ^ 260

— Johannes Marcus de Parma"-(cum salarie solito anno preterilo).

/'7'aclicx medicinœ.

Magister Antonius de Vaccis ^ 230

1. (iiov. do Concorrezo de Milan, prof, de 1441-1 U8. Auteur d'un De. asgri-,^ ladinihiis purliciilnribus flos floniia incdicina. Pavie, 1 i85. •2. J.Marco de Parme était médeciu ducal. 'i. Antonio Yacca enseigna de 1403 à 1434.

Exlruordinaruc praclicT.

Mcij;ister Bernardus de Miiguum,-,' 17:;

Tobaldus de Salis ^ (io

— Gerardi de Berneris ' jOd

— Sanctinus de Folpcrtis '

Medicinœ de nonis.

Magister Stephanus de Faventia"' phisicus rlncalis, cum salario solilo.

-- Antonius de Bernadigo 100

— Bartolomeus Spalla .... (jO

— Joharmes Mar'tinus de Ferrariis'' de Parma. . 40 Dominus rector artistarum et medicorum ha-

beat 30

Qiios aliàs habebat llorenos

et ultra florenos solvendos Uorenos hoc addito (ut retrô).

Physicœ naiuralis.

Magister Apollinaris de Cremona ■ li>o

Metaphysicx et de parvis naturx Libris.

Magister Jacobiis de Gambollatis** 30

Logica:.

Magister Franciscus de Pellacanis de Parma 80

— Johannes Mathœus de Ferrariis de Grado,ciiin

salario deputando.

Astrolûgix.

Magister Stephanus de Faventia, cum salario solito.

— Antonius de Bernadigo. — —

Cirogiic.

Magister Franciscus de Medici 60

— Syrus de Rubeis 70

1. Bern. de Magnani enseigna, à Rome eu ïWi, el ;i Pavie en \ 433 et 1434.

2. Tibaldo Maggi de Sale, 1418-1468, était encore professeur « facullativis diebus feslivis tantiim », en lUH.

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