‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 13 sur 126 · FI · texte numérisé non relu

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M. Johannes GhiringoUis 2"2()

M. Petrus (ie Âsio 170

M. Manfredas Ouargualia ><o

Ad lexturam phisicœ extraordinarix dt nums.

M. leronimus de Gluxiano 70

M. César de Landulfii -'O

Ad lecinram logicx ot'dinaHx de mane et sofistarue.

M. Franciscus de Pezano 100

M. Jo. Petrus de Olfrediis tOO

Item superc. cr. veteri 25

Ad lecturam cirogise.

M. Sebastianus de Bassinis 70

M. Defendiniis de Pergamo 40

Ad lecturam aslrologive.

M. Jo. de Marliano

Ad lecturam fisicse moralis in festis.

M. Franciscus de Mangano cum salarie quod liabet ad lecturam Iheologiae.

M. Gabriel de Pirovano 12

M. Christoforus de Cantalupis 20

M. Paulus de Sartirana 12

Ad lecturam metafisicae.

M. Franciscus de Curte ■ • • •

Ad lecturam phy sic se naturalis in festis sive de génération'-.

M. Jo. Antonius de Locarno

M. Nicolaus de Luvino 20

M. Barth. Pellizonus 12

M. Jo. Antonius de Peorziis 12

M. Jo. de Capetis ^2

Ad lecturam rheloricae : ut in rotule juristarum.

Ad offitiorum Bidellafus.

M. Jo. Franciscus Guateriis 25

M. Georgius Buscaritos 25

Les lettres suivantes nous feront connaître la situation de Ferrari et la faveur continue dont il fut robjol do la part

lies ducs (io Milan pendant les 40 ans de son séjour à Pavio.

Jean Mathieu Ferrari a vécu sous Filippe-Marie, 1412- 1447; François Sforza, 1447-146G ; et Galéas-Marie, 1 466-1416.

11 avait , été appelé à rUniversité de Pavie par Filippe- Marie, il le suivait dans ses déplacements pour soigner les personnes de la cour. Il trouva auprès de François Sforza un . appui qui dura pendant les vingt ans de gouvernement de ce prince et qui ^'expliquait par plusieurs raisons

La duchesse Blanche-Marié, fille de Filippe-Marie. et femme de Sforza, avait connu Ferrari à la cour de son père ; lors des tentatives faites par les Milanais pour se constituer en république indépendante à la mort du duc Filippe- Marie, Ferrari s'était séparé de certains membres de sa famille qui avaient pris parti pour les défenseurs de la . liberté. Enfin, à Pavie, dans les conflits incessants qui s'élevèrent à cette époque troublée entre la commune, l'Université et la Chambre ducale, Jean-Mathieu était toujours resté le partisan dévoué du duc qui l'avait en particulière estime.

Des rapports de Jean-Mathieu avec le duc Filippe- Marie nous ne connaissons que la lettre excusant Ferrari de ne pouvoir faire son cours et un billet le priant d'aller donner ses soins à l'archevêque de Bologne ; c'est à partir de 1450 qu'il est question de Jean-Mathieu dans la correspondance officielle.

En 1451, une épidémie, comme il y en avait si fréquemment à cette époque, menace la ville de Pavie, Ferrari, dan.s ses entretiens et dans les leçons privées qu'il donne chez lui, — il ne fait pas de cours cette année ' — a parlé du danger d'un air empesté. Il a recommandé à ses auditeurs de s'éloigner du foyer épidémique et d aller habiter ailleurs : il reçoit quelques jours après la lettre suivante du duc de Milan (P. A. IX) :

Le duc de Milan, comte de Pavie et d'Angleria, seigneur de Crémone, etc.

Très cher,

Sans atlaclier foi aux rapports qui nous sont faits sur les pro-

1. Ferrari a proffissé à l'Université en 1441» el 14'iO, sur le choix do François Sfor/.a. En 1 lîil, à l'insu du prince, on avait supprime la cluiirc ([u il occupait.

— no —

po.s que iuuic/. It.'iuih au sujet de la pesto qui liu u uc noU'e villo, propos qui auraient conlribui' à répandre lu peur dans la population, néanmoins nous croyons devoir vous écrire pour que vous preniez bien garde de ne pas aborder ce sujet en public et que vous fassiez tous vos efforts pour donner à la population plutôt du courage que de la crainte. Vous savez que les paroles ont d'autant plus d'autorité qu'elles viennent de plus haut. Nous vous prions de ne pas oublier qu'il serait contraire à notre bi(!n de répandre le trouble parmi nos sujets et^eur donner une niauvaise opinion de l'état sanitaire de la ville. Nous voulons donc que vous preniez soin de modérer vos paroles. Nous espérons que vous y veillerez et qu'à partir de ce jour vous agirez avec prudence.

Il ne semble pas que ce rappel à plus de discrétion ait valu à Ferrari la défaveur de Sforza, car, quelques mois après, Tex-professeur adressait au duc une lettre dans laquelle il se plaignait des mauvais procédés du chancelier de l'Université et demandait à remonter dans sa chaire.

Le duc écrivait, le 17 aoiit 4451 (P. A. X) :

Aux membres de notre Conseil privé,

Pendant notre séjour au camp de Caravago, nous avions engagé l'illustre docteur en médecine Jo.-Mat. de Ferrari de Gradi et quatre autres docteurs comme professeurs à l'Université de Pavie. Ils restèrent deux ans à la disposition de Messer Carlo, après quoi M" Jean-Mathieu fut révoqué. 11 s'en est plaint à moi et juge qu'on a mal agi envers lui. Nous ne savons comment lui donner raison. Pour ne pas déplaire à Messer Carlo et pour rester en bons termes avec lui, nous avons dû prendre patience. Aujourd'hui M" Jean-Mathieu est venu à nous et demande encore à être rétabli dans ses fonctions, nous trouvons sa requête juste, nous lui avions fait une promesse en le nommant, car nous le jugions plus ancien et meilleur que l'autre. D'autre part, nous jugo.ons nécessaire d'agir comme nous l'avons fait pour ne pas déplaire à M" Carlo. Mais nous le faisons mal volontiers et nous disons qu'il nous semble honnête de nmdre à M*^ Jean-Mathieu sa chaire. Voulez-vous étudier cette afl'aire et me faire connaître votre avis?

Les amis que Ferrari possède auprès du duc s'cmpr

sent de lui f;\iro coiiiitiîiro cos honnos (iisposilions et lui écrivent :

Caravalle, l't sept. i4îjl.

Estimable ducleur cl tnîs cher frère, nous avons appris avec beaucoup de plaisir ce que nous a écrit notre très illustre seigneur au sujet de votre cours. Nous avons répondu à S. E. tout ce que nous avons pu en votre faveur, car nous estimons tous vos vertus et vos mérites. Messer Franchino, en particulier, a toujours parlé de vous en termes aussi chauds que s'il eût parlé pour lui-môme. Aujourd'hui il est souffrant et nous vous prions affectueusement de faire tout votre possible pour le venir voir. Votre visite sera pour lui une grande consolation et il en tirera grand profit, en même temps vous nous ferez à tous grand plaisir.

Le Conseil privé du Duc ^

Les cours de la Faculté reprirent en octobre, mais la chaire de médecine ne fut pas rendue à Ferrari. Il s'adressa au duc pour obtenir sa réintégration et ses amis appuyèrent sa demande. Angelo Simonelta écrivait au duc de Milan, le 6 décembre 1451 (P. A. XI) :

Très Illustre Prince et Seigneur,

En se recommandant très humblement à Votre Seigneurie, le savant et célèbre docteur M" Mathieu de Gradi, qui écrit à V. E. au sujet de son cours, m'a demandé de l'appuyer auprès de vous. Il a une très grande réputation d'habileté et il est très aimé des étudiants de Pavie. Plusieurs d'entre eux m'ont dit qu'ils étaient venus ici pensant que M" Jean-Mathieu ferait un cours et que s'ils avaient su qu'il ne le faisait pas ils ne seraient pas venus. Aussi je le recommande tout spécialement à V. E.

De Milan, 6 décembre l iol.

Angelo Simonetta ^ Le duc, pour réparer le tort causé à son médecin, fait

1. Le conseil secret ou privé du duc était un conseil supérieur composé de ilouzc membres présidés par larchevéquc de Milan, de deux secrétaires, quatre ••hanceiiers et sept coadjutcurs ; il avait l'administration générale du duché.

•2. Angelo Sinjonetta, né à Caocuri en Calabrc. vers 1400, mourut à. Milan, en 1412. 11 était secrétaire et conseiller du duc Fninçois Sforza qu'il suivit dans ses expéditions cl auquel il rcnrlil les plus fn-and's services nar ses talents diplomatiques.

expédier au chancelier de i Luivcrsilé la icitie suivante (P. A. XII) :

Nos très chers amis,

11 y a quelques jours, nous vous avons écrit de faire l emettre à Jean-Mathieu da Grado, docteur ^!S arts et médeciue, la sonnne de cent florins sur les fonds alloués cette année ,'i Jean-Antoine Scève aussi docteur en médecine et professeur de médecine de manc. Par les présentes nous réitérons, et vous ordonnons do mettre h exécution notre désir. Nous savons que notre con'^eil a ordonné qu'outre les cent llorins à payer à M" Jean-Mathieu, on lui remettrait cent autres florins sur notre cassette en compensation de la chaire qu'il n'a pas eue cette année. Or, jusqu'à ce jour,

Jean-Mathieu n'a eu ni chaire, ni compensation.

Nous désirons, voulons et vous mandons que sur les fonds de notre cassette vous remettiez audit M" Jean-Mathieu les cent llorins et que vous les lui fassiez compter le plus tôt possible.

Donné à Milan, le 17 février 1-452, de nvi main.

François Sforza Visco.nti.

Et lorsqu'on 1452 la chaire ordinaire de médecine du malin, une des plus importantes de l'Université, (levicnl vacante, le duc écrit aussitôt (P. A. XIII) :

Nous, François Sforza Visconti, duc de Milan, comte de Pavie, d'Angliera, seigneur de Crémone;

Attendu que la chaire ordinaire de médecine du matin est devenue vacante dans notre Université de Pavie par la mort de Antoine Guerra de Castronovo;

Voulant faire choix de l'homme le plus apte à remplir ces fonctions de professeur par son savoir et sa longue habitude de la médecine;

Avons désignéie docteur en médecine M« Jean-Mathieu Ferrari da Grado dont les mérites nous sont vantés par tous et dont le zèle et la fidélité à notre personne nous sont connus. En conséquence, pour ces raisons et pour le bien de notre Université, nous nommons M" Jean-Mathieu à la chaire ordinaire de médecine du matin en remplacement de M" Antoine Guerra et cela pour cette année et pour l'armée prochaine, aux mêmes appointements et privilèges que son prédécesseur ;

Ordonnons au V. S. recteur de la Faculté de médecine, aux docteurs de celte Faculté de Pavie, de mettre le dit J.-Malhieu

en possession de la dite chaire, à noire trésorier de lui payer le traitement assigné et cela pour le temps que nous avons indiqué.

En foi do quoi nous avons ordonné de faire enregistrer la présente et de la faire timbrer de notre sceau.

Donné en notre camp de Trevagno, Il juillet 14î)-2.

S. VlNCENTI, S. d.

Outre les douze conseillers ordinaires, le Conseil secret s'adjoignait, en certains cas, les notables dont le duc de Milan désirait avoir l'avis.

En 1452, pendant l'absence de son mari, la duchesse Blanche-Marie réunit un Conseil extraordinaire et en fit part à Jean-Mathieu par la dépêche ci-dessous (P. A. XV) :

Milan, 18 juillet l't'62.-

ISous, duchesse de Milan, comtesse d'Angliera, dame de Crémone, etc. ;

Notre Conseil privé aura à conférer avec vous tant sur des affaires qui vous concernent que sur des questions qui intéressent notre duché. En conséquence, sitôt les présentes reçues, ayez soin de vous rendre ici pour assister à notre Conseil.

VlNClilNTl.

Pressé.

Chaque fois que Ferrari se croit victime d'une injustice ou d'un manque d'égards, il n'hésite pas à s'adresser à la duchesse.

Lors de la rentrée de 1452 on a diminué son traitement de 50 florins. Il écrit à la duchesse :

...On voudrait diminuer mon traitement plutôt pour favoriser d'autres professeurs que par mesure d'économie. Je ne demande aucune augmentation, mais je ne veux pas soutîrir un affront. Je supplie donc Votre Seigneurie de faire en sorte que mon traitement ne soit pas diminué. Si cela était je ne pourrais plus faire mon cours comme je l'entends, car j'aurais été atteint dans mou honneur. Et je vous prie de m'excuser ainsi que le T. 111. S. duc, car je ne voudrais pas tomber en disgrâce auprès de Votre Seigneurie dont je serai toujours le serviteur dévoué, mais en

f|iiitlant ma chaire pour un pareil niotil', je serai excusé par Ions les hommes de hien.

.I.-M. Frhraiii.

La duchesse de Milan répond aussitôt à cette requête par le billet suivant qu'elle adresse au secrétaire d'Étal, Cicco Simonetta (P. A. XVI)' :

M® Mathieu da Grado recevait 400 florins par an pour su chaire. L'an dernier onlui relinltOO florins; il réclame aujourd'hui son traitement complet. Le Conseil répond qu'il ne peut donner aucune augmentation, or il ne s'agit pas d'une augmentation, mais du paiement intégral de son traitement. Le Trésor possède un crédit de deux cent cinquante florins sur le traitement de M« Jacques dal Pozzo^ qui a cessé son cours. Je vous prie donc de faire payer à M"' Mathieu son traitement intégral et je vous en serai obligée, car il est, avec M'' Antoine Guarneri, attaché à ma cour et à celle du comte Galéas^ et il mérite notre bienveillance par son savoir.

Les soixante et quelques lettres inédiles que nous donnons aux pièces annexes nous renseignent très neltemenl sur la situation de Jean-Mathieu Ferrari, sur son crédit et sur ses occupations. Ces lettres auraient un grand intérêt pour l'historien en raison des mille détails qu'elles donnent sur la vie quotidienne d'un Italien du xv'' siècle : situation à défendre, intrigues, relations, suppliques en faveur de parents ou d'amis compromis dans les troubles politiques, consultations, voyages, rapports officiels sur l'étal sanitaire delà ville, bulletins de santé des enfants de Galéas-Marie,etc. Beaucoup ont un rapport très éloigné avec la médecine, aussi nous ne retiendrons que celles qui se rattachent à la pratique médicale de Ferrari.

1. Francesco ou Cieco Simonetta, nevoii d'Angelo Simonetta, fut amcni'! à la cour de Sforza par son oncle. Il rendit d'importants services à ce prince. En 1448 il combattit à ses côtés à la bataille de Caravaggio gagnée sur les Vénitiens. Sa tidolité et ses lumières en avaient fait le personnage le plus important de l'État. Après la' mort de François Sforza et de (ialéas-Marie il s'opposa aux' desseins de Ludovic le More et fut décapité à Milan en liSO.

2. Jacques dal Pozzo était un jurisconsulte renommé qui professait h Pavie. En 1452, il quitta l'Université pour se rendre à Fcrrarc. Le duc François lui intima l'ordre de revenir et fit même des démarches auprès du marquis de Ferrare pour lui faire quitter son poste.

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