‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 14 sur 126 · Plus tard Galéas-Marie succéda à son père en liOO · texte numérisé non relu

Plus tard Galéas-Marie succéda à son père en liOO

A rannéc 1456, nous trouvons une lettre adressée à Ferrari par deux habitants de Gênes (P. A. XVIII) :

Très excellent Docteur, connaissant votre savoir, nous prions Jean Luxello de vous demander en notre nom de venir à Gênes par insigne laveur, espérant, qu'avec l'aide de Dieu,vous pourrez guérir notre parent François de Vivaldi. Nous vous supplions d'y consentir et si vous désirez recevoir vos honoraires avant de partir, nous recommandons à Jean de s'entendre avec vous sur ce point, autrement nous traiterons avec vous de la même façon que Manuel et Lionel de Grimaldi.

Jean uk Nigri et Come Italiano.

Le marquis de iMantoue' fait demander aussi une consultation à J.-Mathieu, il s'adresse au duc pour qu'il autorise le départ du professeur et d'un de ses collègues (P. A. XIX) :

Très m. Prince,

Nous avons reçu à dix heures la lettre de Y. S. à nous écrite hier à trois heures dans laquelle vous donnez ordre d'envoyer les

Jean-Martin de Parme et Jean-Mathieu da Grade à Mantoue pour donner leurs soins à l'Ill. S. Marquis de Mantoue. A cette lettre était jointe une autre lettre à nous adressée. Nous l'avons de suite remise à qui de droit. Les deux docteurs ont répondu qu'ils partiraient immédiatement laissant toutes les autres affaires pour vous obéir. Nous en profiterons pour faire partir M. Nicolas Aramboldo qui va de ce côté afin d'éviter la dépense d'un autre bateau. Ils seront d'ailleurs tous en bonne compagnie...

Bartu. di Corigia et Gr. Piscarolo, chev.

28 mars 1454.

Gaston IV de Foix, prince de Navarre, qui fut l'allié fidèle de Charles VII contre les Anglais, souffre de douleurs dans toutes les jointures, il s'adresse à J.-Mathieu qui lui envoie une longue consultation.

Puis c'est le roi Louis XI qui, souffrant des hémorroïdes, fait demander au duc de Milan s'il n'a pas un bon médecin

1. Louis H (le Gonzagiie, surnommé le Turc, fui un ilcs princes les plus écl.iirés de son temps (lili-lllS). 11 souffrait d'une douleur d'oreille avec ulcère. Ferrari rédigea pour lui une consultation qui ligure sous le n" 27 dans les Consilia.

a lui. recommancl(M' cl J. -Mathieu rédige pour le loi sa rtl'' consul lalion.

L'histoire a garch'' le souvenir des hémorroïdes de Louis XL Lui-môme, dans s-à Correspondance , a signalé cette infirmité : « Et cuideroit-on que je eusse les ammoroites! » écrit-il, le 21 décembre 1473, au chancelier, au grand maître et au sire de Clisson après avoir passé une journée à cheval'. D'autre part, nous trouvons dans Ronianin - le fragment suivant d'une dépêche de Francesco Pietra Santa, ambassadeur du duc de Milan auprès de Louis XI :

Ce malin, Je me suis rendu à la cour, et sitôt que Sa Majesté fut levée, encore qu'elle ne fût vêtue que d'une simple robe de chambre, elle me fit mander en ses appartements. S'étant assise près d'une fenêtre, en présence de tous, elle me dit qu'olle s'était sentie indisposée et me demanda si Maître Pantaléon était avec moi. Elle le fit lors appeler et lui adressa ces paroles en latin :

« Ego sum passus emoroydas quas etiam alias habui, sed non fuerunt ita vehenlenter, quod credo fuisse propter labores animi et corporis in islo ilinere et in cogitandis rationibus bellorum et etiam propter abstinentiam coïtus quia steti tanto tempore absens ab uxore mea. »

Puis il ajouta :

« En sorte que ce mal m'a occasionné certaine vapeur de tété et des palpitations de cœur qui me gênent beaucoup. » Et tendant son bras à W Pantaléon, il voulut qu'il lui tâlàt le pouls, et dit à ses médecins qu'ils s'entendissent avec lui, car il était galant homme, et il le connaissait depuis trente ans, ayant déjà eu de lui consultation.

Cette consultation que nous reproduisons plus loin n'est pas datée. Nous pensons qu'elle dut être écrite aux environs de 1466. Elle fut en effet demandée par Emmanuel de Jacopo ou de Jacob, ambassadeur du roi auprès du duc de Milan. Or, cet ambassadeur fut accrédité à cette époque, si nous nous en rapportons à la Correspondance du Roi. On y lit, à la date du 23 avril 1466 :

De par le Roy,

Très cher et très amé frère et cousin, nostre chier et amé \. Correspondance du roi Lotds XI, écL.ViRsen et Charavay (P.n-is. ISOrj). t. V, p. 2H, n° DCCI.XVill.

•2. Romanin. Sloria docnmenlala de Vcnezia, l. IV, 18:i:;. Vonisi-, \). i'.n.

Manuel de Jacob, noslre serviteur et ambassadeur s'en' va! pré-*, sentement par devers vous auquel avons chargé vou^^ire aTieunes.. choses : si vous prions que en tout ce qu'il vous, dira de ixostre' part, veuillez adjouter plaine foi et créance. .

LoYS'.. i.:

Chargé avec le D'' Jean Ma^liani^du service sanitaire de, Prxïo, Ferrari eut, paraît-il, à se plaindre, d'un fonctionnaire indélicat et il écrivit au duc la lettre suivante que nous reproduisons car elle contient des détails .curieux sur les mesures que l'on prenait à cette époque contre les. épidémies (P. A. XXXVIII) :

Illustre Prince et Seigneur,.,

...Lé D' Jean ' Marliani et moi nous avons reçu mission de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer ia santé publique. Au nombre des prescriptions que nous avons ordonnées se trouve la défense faite aux barbiers de pratiquer la saignée sur un individu sain ou malade sans une autorisation expresse signée d'un membre du Collège des médecins qui vérifierait, en cas de maladie, s'il s'agissait d'un cas suspect. Le permis devait être remis à l'autorité qui laisserait alors le barbier pratiquer la saignée. Ce règlement fut observé pendant quelques jours, puis on s'aperçut que l'agent de la ville refusait le permis au barbier qui ne lui versait pas une certaine somme. -'^ ■ J'ai appris cela par plusieurs de mes collègues : l'agent fut^ réprimandé par ses chefs, mais il ne tint pas compte dé leurs observations, au grand dommage de bien des gens.

^ Ce que voyant, je chargeai M'= Cristoforo de Lande de s'en plaindre à vous. Le soir môme une religieuse de Sainte-Élisabeth demanda à èlre saignée; je donnai moi-même le billet suivant : .'\utorisalion est donnée de saigner une religieuse de Sainlc-Élisabeth à Pavie, elle est souffrante, mais non suspecte; elle a été visitée par M" Jean-Matt., etc. »

Mon billet fut remis à l'agent de la. Ville qui refusa le permis, sous prétexte que le nom de la malade ne se trouvait pas inscrit dans l'autorisation. Je lui fis répondre d'avoir à donner le permis sans se préoccuper du nom de la malade et de là nature de

Page 1