‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 15 sur 126 · Édition Yînsrn cl Clianivay, /oc". c · texte numérisé non relu

Édition Yînsrn cl Clianivay, /oc". c

•2. .loîui Miiriiani élail bedeau de l'Université en 1433, proresscui* en' liil, (;t nié<iec,in dncal; il professfiit encore on li83; il laissa en mourant une fondation à l'Uni vcrsilé. On a de lui : Qiieslio de propôrtione molum ifi l'clocifiile. Pavie, 1482.

la maladie. Il persista dans son refus, proférant des paroles gr ossières à l'adresse du couvent, paroles indignes d'un homme de bonnes mœurs.

On me dit que V. E. avertie du fait aurait chargé Mess. Acio de blâmer sévèrement cet homme qui, pour se justifier, aurait écrit à V. E. qu'il n'avait mérité aucun reproche : s'il exigeait de l'argent des barbiers, c'était avec l'autorisation de ses chois et comme compensation au travail qui lui incombait. Il aurait ajouté qu'en l'accusant je cherche à me venger de ce qu'il a refusé le permis de séjourà un de mes élèves qui venait de Padoue, et que s'il avait délivré des permis chaque fois que je les lui ai demandés, la Ville serait aujourd'hui infestée, car mes notes sont confuses, incomplètes et peuvent prêter à erreur. Si tout cela était vrai, cet agent, loin démériter le blâme, aurait droit à une situation élevée.

Mais, très clément et très juste seigneur, je vous supplie de croire que cet homme est un menteur et un prévaricateur. Ce matin, je me suis rendu au Bureau de la Ville, pour savoir si vraiment il avait le droit d'exiger des barbiers une somme d'argent pour les permis et, en ma présence, ses chefs l'ont blâmé et l'ont engagé à ne pas recommencer, puisque, pour ces permis, la Ville lui accordait 20 sols par mois. Quant à l'accusation portée contre moi, Dieu la jugera, mais j'affirme que cet homme ment encore. Mon élève aurait eu certainement motif de se plaindre, car il fut obligé de coucher pendant cinq nuits sur le bateau, alors qu'il ne pouvait être suspect puisqu'il avaitmis 22 jours à remonter le Pô, et que s'il avait été malade on s'en serait bien aperçu. Lorsqu'il arriva, très fatigué, les autres agents de la Santé l'avaient autorisé à se rendre dans une de mes propriétés située hors de la ville oîi je l'attendis pendant quelques jours, mais l'agent refusa son autorisation "avant d'avoir reçu une. provision ; il ne signa le permis que sur l'ordre de ses supérieurs, encore fit-il injurier mon élève par un de ses domestiques qui vint lui réclamer de l'argent.

Voici deux autres faits qui prouveront à V. E. la malhonnêteté de cet homme.

Hier soir, un juif se présenta à la Santé, il déclara venir de Novi pour le service de V. E. Il remit son bulletin d'origine qui fut examiné par l'officier du port et demanda l'autorisation d'aller habiter chez un de ses coreligionnaires. L'agent répondit (ju'il n'en était pas besoin, mais quand ce matin le juif revint et demanda son bulletin de retour, il apprit qu'il avait encouru une amende de 10 ducats pour être entré en ville sans bulletin, fait reconnu inexact par l'officier du port. Gomme on faisait remar-

quer à l'agent qu'il avait déjà extorqué 15 llorins à ce juif, il répondit impudemment : « Et à qui donc prendrais-je de l'argent, sinon aux juifs? » — Voici maintenant l'autre fait : il refuse de laisser entrer qui que ce soit en prison si le gardien ne s'engage pas à partager avec lui l'allocation d'entretien. Il vient d'exiger ce partage pour deux prisonniers.

Quant au reproche qu'il me fait d'être confus et incomplet, je réponds que mes ordonnances sont faites avec le plus grand soin. On pourra se les faire présenter.

S'il affirme que son honnêteté sera certifiée par ses chefs, je dirai qu'il agit alors comme ces filous qui, au jeu, laissent gagnei' leurs dupes au début de la partie pour mieux les dépouiller ensuite.

En réalité, Monseigneur, cet homme, de l'aveu de tous, est le plus triste sire de la ville. Il a commis nombre de vols, V. E. s'en convaincra par une enquête.

JeprieV. E. de me pardonner ma prolixité et me recommande à elle.

Je suis, de V. E., etc.

Pavie, 18 juin 1468.

Après la mort de François Sforza, arrivée en 1466, Ferrari conserva sa situation de médecin du duc et de ses enfants. Nous avons une correspondance de lui pendant les années 1471-1472, dans laquelle il donne à Galéas-Maric des nouvelles de la santé de ses enfants, on trouvera quelques-unes de ces lettres dans les pièces annexes. Elles n'ont d'ailleurs qu'un médiocre intérêt.

Je n'ai pas envoyé à V. E. non plus qu'à la duchesse, écrit Ferrari au duc Galéas-Marie le 22 juillet 1471, des nouvelles de la santé de leurs enfants, parce que celle santé a toujours été bonne depuis que V. S. a quitté Pavie... Que V. 1. S. soit certaine que pour l'instant et grâce à Dieu leur état est excellent et qu'ils se conduisent non seulement comme des gens de bien, mais comme des princes'. Le soir surtout, lorsque je suis en leur compagnie je peux juger de leurs manières aimables et vraiment extraordinaires pour leur âge. Votre Excellence peut remercier

1. L'ainé (les fils do <;aléas-Maric, fut depuis duc de Milan sous le nom de Jcan-G aléas, était né en l 'tfiS, il avait alors trois ans.

U; Toiit-Puissaut qui, parmi l(;s dons infinis qu'il a bien voulu lui accorder, lui a permis d'avoir de tels enfants...

Il n'y a pas ù insister sur ces formes proijablomeni de style et d'ailleurs obligées, il conviendrait même de les passer sous silence si nous ne savions, d'autre part, que Ferrari mit à différentes reprises riniluencc qu'il avait auprès du duc, au service de parents ou d'amis peî sécutés ' on de confi'r>ros on instance.

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