Il écrit à la duchesse de Milan
« V. E. n'a pas oublié les vives instances faites par votre fidèle serviteur pour vous prier d'intercéder auprès de votre illustre époux en faveur de François de Fiamberti frappé de bannissement alors que son innocence a été. reconnue i)ar le secrétaire du l'odestat et par d'autres personnes.
« S. E. a été mal informée, si j'en juge par sa réponse quelle a faite que le moment n'était pas venu d'accorder la grâce : or la femme de François Fian». berti se trouve dans une situation très malheureuse: elle a trois enfants et ses biens et revenus sont mis sous séquestre, alors que ni sa dot ni le bien de ses enfnnts ne devraient être confisqués. Je la recommande en tout espoir à V. K. nt la prie de s'intéresser à une jeune femme de 28 ans, mère de trois enfants dont l'aîné a trois ans à peine, je la supplie de faire ordonner que le séquestre soit levé... » r ,■ •
2. Expensa annuali Gollegii Dominorum doctorum legenlium m felici studio Papiensi (anno 14G9).
Ad lecturam MedicinfP de manc.
M. .lo. Mathcus de Gradi •''•iO
M. .lo. (le Marliano ''t^"
Knliu Ui Pnirfira, rommentarhim texluale in nonum Almansons.
(> conimenlaire est divisé en deux pa. lics. La preimcie commence par une épitre dédicaloire au duc Galéas-Maric.
J'espère, y dit-il, ne pas avoir été au-dessous de la doctrine médicale à laquelle j'ai consacré ma vie.
l'ai voulu exposer cette partie de la médecme que 1 on connaît sous le titre de IXMivre à Almanzor et j'ai entrepris d'autant plus volontiers ce travail qu'on trouve dans ce livre, du commencement à la an, la description sommaire de tous les maux qui peuvent frapper l'humanité. Il contient en effet des préceptes et des sentences qui s'appliquent \i la santé et au bien de l'homme et qui lexposenl moins au danger en lui indiquant le mal et en lui facilitant le remède.
La deuxième partie débute également par quelques lignes de dédicace au duc :
Je me permets de vous dédier la deuxième partie de mon ouvrage sur le neuvième livre à Almanzor dont je vous avais dédié autrefois la première partie.
Elle porte à la fin cette mention :
fnceptwn per Mag. Marchum de Galinaria, anno 1462 die 1 7 octobris et finilum in studio D. Mag. Johannis Maihei liui, operis coinposiloris anno i41 i die 24 septembris.
Les auteurs qui se sont occupés des origines de l'imprimerie en Italie ont écrit que cette édition de la Praclica est la première qui soit sortie des presses de Pavie. La question de savoir quelle en est la date précise a son intérêt pour l'histoire de la bibliographie médicale et pour la mémoire de Ferrari qui joindrait, à ses titres scientiliques. celui de premier auteur imprimé à Pavie; on nous permettra donc d'exposer les raisons qui nous engagent à lui donner ce rang.
Siro Comi, dans son Histoire de la hjpoqraphie à Pavie au siècle, a longuement traité la question. D'après lui, J.-M. Ferrari, aidé de Gatinaria son élève, peut-être aussi de PantaléonConfalonieri, établit à Pavie les premières presses, à ses frais et dans sa propre maison. Il avait à cela un doubl(>
tnlérôl : répandre, par l'impression un ouvrage que beaucoup tl étudiants désii'aienl posséder, et Hre le premier A doruier un spécimen de Fa typograpiiie pavesano.
Note/ que Ferrari avait une grande réputation comme médecin; il était professeur à l'Université, il était premicimédecin ducal, il devait donc être dans une situation de fortune lui permettant de faire les frais de cette entreprise à Pavie, dont il était devenu citoyen, et où il avait vécu quarante ans.
Nous savons, aussi, par de nombreux témoignages que les premiers essais typographiques furent encouragés, dirigés et entrepris grâce à des personnes connues par leur savoir, leur naissance et leur situation* et nous en avons la preuve en consultant la liste des noms des premiers éditeurs de Pavie'.
Nous sommes donc à même de comprendre ces dernières lignes de l'édition de la Pi^actica : Liccptwn per Mag. Marchum de Galinaria, phrase importante qui signifie que Vimp/'ession — et non pas le manuscrit original, comme le croit Boni — fut entreprise et commencée par Marco Gatinaria, dès la fin de 1462, et complètement terminée par J. -Mathieu Ferrari on 1471 .
En fait, si les deux dates de cet Inceptum per Mag. Marclium de Gatinaria, anno 146^2... Et finitum in studio D. Mag. Johamiis Matliei hui, operis compositoins anno i47i, ne devaient pas se référer au travail typographique, il faudrait dire que Gatinaria eut une partde la?'eV/«c/20?i de la Practica, ce qui serait en opposition non seulement avec les mots Mag. Johannis Mattei hui, operis compositoris , mais encore avec ce fait que dans toutes les éditions postérieures à la première, on ne trouve pas un mot qui indique une collaboration
1. Noruiit qui historins ;el.a(is illius vcl Inviter attif^erc quanlo iii lioiiore ars iiiiprcssoriu. tune foret, ac proinde (piaiii iiobiles sapienlesque viri opificium luijiisniudi exercèrent, cuui typograficas npcrire officinas nuriiiuf^ oriii)e.sc,erenl qui cquestri ordiiii adscriplL erant... publici libcralhiiu artiuia professores et ecclesiustica eliani dignitalc verendi viri. (Sassi, Hisl. lilev. t;/po- !/raph. mediol., cap. 2, p. 82, et Maittaii\e, Annal. Iijpoqvoph., p. 82, note 1.)
2. 1477, Dauiianus ex nobilibus de confaioneriis de triuascho; l'i81, pnpstans yir et iiiipressoria' artis expericntissimiis Map. Antonius de Carcano; liSfl, nobiii.s et integcrriiiius vir I). .loannes Aiitmiiiis de Birretis civis Papiensis; 1468, nobilcs et aeiitissimi Bernardinus et Auibrosius fratres de Uovellis papien.ses ; 1 't!)!t, iiobilis 1). r.hrislopliorus de Ganibus civis papiensis.
quelconque de Gatinaria : or celui-ci ne mourut qu'en tVivrier 1496, il aurait donc été témoin des nombreuses éditions parues de son vivant avec le seul nom de Ferrari, et il n'aurait pas protesté, il n'aurait pas fait une allusion à cette collaboration dans les ouvrages qu'il publia?
Si Ferrari a voulu parler non de Vimpression, mais de l'ouvrage manuscrit, de la rédaction de la Pmctica, pourquoi ajouterait-il ce finùian in studio, comme si l'on ne savait que lès auteurs ont pour habitude d'écrire chez eux et dans leur cabinet d'étude ! Tandis qu'il était intéressant d'indiquer par qui et où le premier ouvrage avait été imprimé et terminé, Le mot sfudio a donc bien ici la signification de ex of/icina, in <vdibus.
Nous dirons donc que la Practica de Ferrari fut commencée en 1462; Gatinaria, qui avait traduit le IX« livre de Rhazès de l'arabe en latin, aida son maître qui mentionna le nom de son collaborateur.
La première partie fut très certainement imprimée et publiée avant la seconde ; une lettre du duc de Milan datée du 23 novembre 1469 semble bien l'indiquer et nous sommes étonné qu'elle ait échappé aux nombreux historiens qui se sont préoccupés d'assigner une date précise à cette édition de la Practica.
Galijate, le 23 novembre 1469.
Comme nous désirons voir l'œuvre que nous a donnée W Joh.-Mat. de Gradi ces jours derniers alors que nous étions à Pavie, ouvrage en un volume recouvert en rouge, nous vous prions de nous l'envoyer par le présent courrier. Ayez soin de l'envelopper de toile cirée de façon que ni l'eau ni quoi que ce soit ne puisse le détériorer *.
Ce qui prouve encore que les deux parties de la Practica ne sont pas absolument contemporaines, c'est qu'on les trouve rarement réunies : la Bibliothèque Nationale possède un exemplaire de la deuxième partie seulement.
Ainsi, après avoir démontré que la deuxième partie de lu