AKAÏOMIE DE LA MATRICE
Ainsi que l'indique le titre de ce chapitre, il s'agit ici des maladies de kl matrice et de leurs conséquences; aussi, pour l'intelligence complète des choses que j'aurai à dire à ce propos, je commencerai par faire l'anatoraie de la matrice. Je décrirai sa composition, ses parties, ses soutiens et ses fonctions. Je serai bref, laissant de côté nombre de choses qui ont été dites et amplement pur Aristote, principalement dans ses Id""" et 17'"'' livres Des Animaux, et par Avicenne dans son 6""® livre Des Animaux, chapitre i, et en outre dans son SI"'" du troisième Canon, et par tous les auteurs qui ont écrit sur la médecine. Tout cela n'étant pas nécessaire pour l'intelligence de ce chapitre.
Tout d'abord, afin qu'il n'y ait pas d'équivoque, il faut noter que les auteurs ont usé de ce vocable matrice de plusieurs façons. En effet, quelquefois, par matrice ils entendent la concavité seule ou la cavité dans laquelle l'embryon est engendré, et où la matière qui le doit engendrer est reçue ; quelquefois aussi ils entendent par matrice non seulement cette cavité, mais un organe composé de diverses parties différentes d'aspect, et ordonné principalement de façon à ne servir qu'à une seule fin : la génération. Et cet organe est celui dont Avicenne disait dans son chapitre Sur les femmes, qu'il est l'instrument de génération des femmes : organe à la fois effet {eff'ectivum), sujet [subjectivum] et instrument {instrumentale). Car, par quelques-unes de ses parties, les testicules, la matrice est effet — non pas complètement à la vérité — mais le sperme venu de ces testicules est engendré, suivant Galien et les médecins, dans le but de concourir à l'acte de la génération. — Et à ce sujet, Averroës, dans son V'^Colliget, dit que la matrice est organe principal parmi les organes princi-