‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 42 sur 126 · n'ost If ix'ritoinc · texte numérisé non relu

n'ost If ix'ritoinc

assez explicite .intérieurement'. — En eflel, en bus, le col de la matrice est plus long que le col do la vessie: bien plus, l'orifice du col vésical chez la femme se termine à l'intérieur du col de la matrice près de l'orilice externe.

Sa forme, dit-on, est oblongue, presque ronde, et pourtant elle est presque quudrangulaire à cause des cornes [comua] qui rattachent aux hanches [ancliasY et aux flancs lilia). Ces deux cornes sont arquées et prennent naissance dans la région des testicules, lesquels sont des corps charnus blancs, unis, un peu ronds, petits, situés très près de la partie moyenne de la matrice. Les ligaments et cornes, dans leur partie qui confine à la matrice, sont épais et larges; au contraire, ils sont minces dans leur partie qui avoisine les hanches. A leur naissance comme à leur terminaison ces ligaments ressemblent à des cornes de bœuf; d'où leur nom de cornes de la matrice. Et comme ils sont larges à leur origine, la matrice, elle aussi, paraît élargie et comme quadrangulaire, ce qui est manifeste par la dissection. — Outre les deux réceptacles dont il a été parlé, et qui sont les deux parties principales de la matrice, Avicenne a dit qu'au miUeu de la matrice existe comme un sentier {semita) divisant supérieurement ces deux parties : que dans ce sentier existent des sillons et aspérités [rugosa] et que c'est par lui que se fait l'entrée dans lesdites cavités, lesquelles reçoivent principalement la matière de la génération. De sorte que, si deux jumeaux venaient à être conçus, chacun aurait une place distincte, et, de plus, il ne peut y avoir plus de deux jumeaux, au cas de grossesse multiple, et cela parce qu'il n'existe que deux cavités, ou matrices. Et pourtant on a cité des exemples de fœtus multiples qu'on considère comme nion.<lres. Et les médecins, sur la foi de Galien, pensent que dans la matrice se trouvent sept cellules; trois dans la partie droite de la matrice, trois dans la partie gauche et une en son milieu, c'est-à-dire dans ce sentier mentionné plus haut. Et ils disent que le sperme peut arriver dans ces sept cellules, s'y renfermer, et qu'ainsi sept fœtus peuvent être conçus en une seule imprégnation. D'autres disent qu'il en peut être conçu beaucoup plus encore, et des médecins en ont vu pertinemment un nombre de beaucoup supérieur à sept. Et comme explication de faits si extraordinaires, ils disent que chacune des cellules renferme dix sillons ou aspérités et qu'alors dans chacun do ces sillons peut être engendré un embryon — bien que cela s'observe rarement. — Ce qu'on peut dire, cepen-

1. Cavité sifçnifie, nous le répétons, l'utérus sans le vagin.

-1. Par /tfl«c/te.s', les anciens auteurs entendaient les parties basses du ventre.

dant. au sujet de ces monstres, c'esl que le cas le plus fréquent est celui de trois fœtus conçus en une seule fois, par suite de l'existence des deux cavités de la matrice et du sentier médian. Ensuite il en peut être conçu cinq, parce que chaque cavité se trouve divisée en deux cellules. Quelquefois enfin, plusieurs peuvent être conçus et cela dans une môme poche. Et à ce propos, Avicenne dit dans son chapitre de la Grossesse, en parlant de l'accouchement, que la multiplicité des embryons est un obstacle et une difficulté pour l'expulsion. Et au même endroit il ajoute qu'en une seule fois (m uno ventri), il peut être conçu cinq fœtus, que c'est le nombre le plus considérable qui se puisse rencontrer, lorsque les fœtus sont petits et séparés les uns des autres, et que ce nombre est également le plus considérable qui se puisse rencontrer en une seule poche. Et voilà qui sufiit, quant à la forme de la matrice.

J'en arrive maintenant à sa composition, à la matière dont elle est faite. Premièrement donc, il est dit que la matrice est une substance dure, nerveuse, composée de deux tuniques; mais la tunique intrinsèque est épaisse, divisée, comme on l'a vu, en deux parties; tandis que l'extrinsèque est mince et jetée comme une couverture sur les deux parties intrinsèques. Et dans la tunique intrinsèque sont disséminées nombre de veines, et Avicenne en a parlé dans son ouvrage Des Animaux, lorsqu'il dit : « La matrice est formée de nombreuses veines, lesquelles se ramifient, et qui sont destinée à soutenir le fœtus. » Les membranes de l'embryon sont réunies à ces veines par les cotylédons médians, et lesdites veines se réunissent enfin à la veine ombilicale de l'enfant. C'est par l'intermédiaire de ces veines médianes qu'est soutenu le fœtus, et qu'il se nourrit, ce qui est nécessaire pour le bien universel, c'est-à-dire pour la conservation des êtres animés et leur propagation. Par ces mêmes veines, s'écoule la superfluité menstruelle. Elle s'échappe, lorsque la femme n'est pas enceinte, par celles d'entre elles qui se terminent à l'intérieur de la concavité de la matrice; et le sang menstruel est évacué à la fin par le col. Et quelques-unes se terminent au col de la matrice, à l'orifice interne, de sorte que le sang est immédiatement évacué au dehors. Et voilà aussi pourquoi il arrive parfois que des femmes enceintes perdent du sang menstruel, ainsi que le dit Galien dans son Aphoiisrne 5"*, bien que pendant la conception l'orifice interne soit extrêmement resserré, à tel point même que l'extrémité d'une aiguille n'y saurait être introduite, et cela par la volonté du Tout- Puissant, pour que cet orifice ne soit entr'ouvert qu'au moment

de raccouchenienl et de l'expulsion. Cel orifice interne du col peut d'ailleurs se dilater encore au moment de l'acte de copulation, même pendant la grossesse, pour aspirer la matière spermatique, parce que la matrice se dilate davantage pour la recevoir et ceci arrive quelquefois, ainsi que le certifie Aristote, qui raconte à ce propos une histoire intéressante. Il arriva à certaine dame qui avait déjàété imprégnée deux foisdel'étreune troisième, et lorsque arriva le moment d'accoucher, elle mit au monde deux enfants vivants, et un troisième qui naquit cinq mois après, et qui mourut incontinent. Il ajoute que la môme chose arriva à une autre femme qui mit au monde au huitième mois un fils, et dans le dernier mois deux fils, dont l'un était mort et l'autre fut élevé et vécut. Cette femme avait été imprégnée trois fois.

La sub.stance de la matrice, partie intrinsèque et partie extrinsèque, est nerveuse, de même aussi le col. Et la tunique intrinsèque est rugueuse comme une langue de bœuf, pour mieux retenir le sperme, et c'est pour cela que dans le sentier médian dont il a été parlé plus haut se trouvent des sillons. Et dans cette tunique intrinsèque sont disséminées nombre de veines, ce qui ne veut pas dire toutefois qu'elle soit veineuse et hérissée de veines. Quant à la tunique extrinsèque, les veines y sont très peu nombreuses. Et Avicenne disait que pour la tunique extrinsèque il est mieux qu'elle soit nerveuse, car elle a été faite nerveuse à seule lin d'être extensible, de pouvoir s'allonger ou se rétrécir suivant les nécessités. Il importe en effet qu'elle s'allonge : et au moment de l'imprégnation, pour offrir un endroit se prêtant à l'augmentation du fœtus, et au moment de la parturilion, lorsque le fœtus accomplit sa révolution dans l'utérus. A ce moment, elle se dilate, répondant à la révolution de l'embryon. Et il est nécessaire aussi qu'elle se rétrécisse quelquefois, par exemple au moment de l'accouchement, lorsque, l'embryon ayant fait sa révolulution, la matrice se rétrécit dans sa partie postérieure pour comprimer le fœtus, le pousser en avant, et contribuer ainsi à son expulsion.

Les ligaments de la matrice sont multiples. Ils sont, de plus, tellement nerveux, extensibles et lâches, que la matrice peut à la fois s'abaisser et s'élever. Quelques-uns pourtant sont très lâches alors que d'autres le sont peu. Ainsi les ligaments qui vont aux lombes sont forts et beaucoup moins lâches que ceux qui s'attachent aux hanches, et qui sont ces cornes dont il a été parlé. Au contraire ceux qui du sommet de la matrice vont à la vessie et à l'os iliaque sont les plus lâches et les plus extensibles. Tous

d'ailleurs le sont suffisamment pour obéir à la dilalal.ion de la matrice et à son resserrement. El il est certain que la matrice se déplace parfois et s'élève au-dessus de sa situation normale, pai' le fait dè vapeurs ou ventosités incluses qui gagnent les parties supérieures. Mais il est certain aussi que l'utérus ne s'élève pas beaucoup, etne gagne ni l'estomac, ni la gorge, ainsi que l'affirment certaines femmes bestiales {bestiales)^. Une pareille ascension n'est pas possible, de par l'existence même des ligaments qui relient la matrice aux organes précités : et si même ces ligaments pouvaient s'étendre tous également ils n'arriveraient pas à une élongation telle.

Mais ici il convient de faire une remarque. Lorsqu'on dit que la matrice est nerveuse, et a des ligaments, on n'entend pas dire par là qu'elle est composée de nerfs venant du cerveau, mais on emploie ce terme nerveuse parce qu'il y a similitude entre elle et les nerfs, comme le dit Jean Alexandre. Et en effet, les nerfs se rétrécissent et s'allongent: la matrice se dilate et se resserre. D'autre part, si la matrice était composée de nerfs issus du cerveau, toute douleur de l'utérus se propagerait au cerveau et réciproquement. Ce qui n'arrive pas. Pourtant, quelquefois, il y a retentissement des troubles de la matrice sur le cerveau, lorsqu'il existe une inflammation de la matrice ou une rétention des menstrues avec apparition de fièvre. Dans le cas d'inflammation, par l'intermédiaire des cornes qui relient la matrice aux hanches dans le voisinage delà colonne vertébrale, cette inflammation peut se propager au cerveau. De même pour la rétention des menstrues : l'évaporation se faisant par diverses voies, le mal peut être transmis jusqu'à la tête. — Il n'est pas possible de nier néanmoins que quelques nerfs sensitifs viennent du cerveau jusqu'à la matrice. Par ces nerfs elle sent, souffre et éprouve un sensation voluptueuse au moment de la réception du liquide spermatique. Et c'est absolument l'avis d'Aristote, qui dit: « Lorsque la matrice est appelée nerveuse, il ne faut pas entendre par là qu'elle est formée de nerfs venant du cerveau, qu'elle est composée comme eux d'une substance blanche, exsangue, visqueuse et excessivement extensible.» Il ajoute : « Et il ne lui arrive du cerveau que quelques nerfs qui lui donnent la sensibilité. » Avec raison encore il dit: « Si la matrice était nerveuse à l'excès, par ces nerfs elle communiquerait avec le cerveau d'une manière particulière. » Ainsi donc, il faut être bien convaincu de ceci, que la matrice n'est pas

1. Fernef. [Uleri si/mplomalse) prétendait qu'il avait dans plusiours cas senti l'utérus remonter sous sa main jusque dans l'estomac.

nerveuse au sens propre du mot, mais qu'elle ressemble simplement aux nerfs. Et ce que je viens de dire sur la matrice s'applique également à son col, qui est nerveux, comme cartilagineux et couvert d'aspérités ; en effet il semble qu'il y ait dans son intérieur rugosités sur rugosités pour augmenter le plaisir dans l'acte copulatoire.

In matrice etiam sunt duo ova ut dictum est supia que sunt dicte carnes glandose ; et sunt duo testiculi mulieris ad roliinditalem magis déclinantes quam testiculi viri et minores sunt testiculis virorum : et in eis fit generatio spertuatis sicut in testiculis viri secundum sententiam medicorum : etiam cooperiuntur tunicis propriis sicut testiculi viritunica intrinseca ossei ' : quoniam jacent inter duas tunicas matricis ita ut exterius manifestentur propter tenuitatem extrinsece tunice : et ad testiculos alligantur vasa seminaiia, per quas evomilur materia spermatica : que vasa seminaiia terminantur ad coUum matricis prope orificium intrinsecum : et ita recipitur materia spermatica muliebris intra collum malricis.

Et Avicenne disait dans son Des Animaux, que la partie de la matrice, située au-dessus de l'orifice interne, se hâtait de sucer ce sperme, puis celui de l'homme lorsque mari et femme étaient unis, de sorte qu'il y avait en un seul moment double jouissance pour la femme du fait de l'éjection de son propre sperme et de la réception de l'autre. Et aussi la matrice, en raison de ce grand désir, se contractait mieux sur l'un et l'autre sperme, ce qui était chose excellente pour la génération. Averroës, pourtant, dans son 2" Colliget n'approuve pas cette manière de voir. Il dit que les testicules de la femme n'ont aucun effet au point de vue de la génération, et que le sperme n'a en lui qu'une puissance attractive, et il raconte qu'une femme a pu être imprégnée à distance, et qu'une autre, sa voisine, jura sur son âme qu'elle avait été imprégnée subitement dans un bain « in quo spermatizaverant mali homines cum essent balneati in illo balneo, «etc. Et il conclut en se déclarant partisan de l'opinion d'Avedade, qui prétend que la vulve sans la matrice attire le sperme par sa seule propriété, et qu'il n'est pas besoin pour cela de la volupté'-. Cette opinion n'est

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