‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 43 sur 126 · Les bourses · texte numérisé non relu

Les bourses

2. Nous reproduisons le passage suivant de Jacques Di vAL.docleur cl professeur en médecine, qui,' en 1612. édita un Trnifé des HennaphvodUes, réédité en 1880, iib. A. Drouin, Paris, p. 78. « Cette considération même a donné occasion à plusieurs grands persoiuiages, de biasnier (|uplfpios Hélirieux qui ont couché par escrit, riuc lien Si/ra avait esté engendré do la filliî i\c Iliéréiiue le Prophète, pour avoir reçeu la semence virile en un bain. Aussi csl-il rapporté par autres, que ce propljète a vcscu en célibat et perpétuelle virginité,

pas communément acceptée; pour moi, je no m'y rallie point, et suis de l'avis de la majorité des médecins. Avicenne l'a dit : le sperme de la femme aide à la procréation de diverses façons; il est un élément de plaisir et concourt à la formation de l'embryon dans une certaine mesure. Mais je m'arrête, n'ayant pas souci de m'étendre plus longuement sur un sujet qui ne rentre pas dans le cadre de ce chapitre. Et tout cela suflit pour ce qui est de l'anatomie de la matrice.

On nous permettra de ne pas entrer dans de longs commentaires à propos de l'opinion de Portai et des auteurs qui l'ont suivi. Il nous paraît après la lecture de cette leçon d'anatomie, après la lecture du passage sur les ovaires, que la question est facile à juger. Ferrari emploie simplement deux mots, ova et carîies g landose, qu on ne trouve ni chez Galien ni chez Vésale. Est-il le premier qui se soit servi de ces termes pour désigner les testicules de la femme? C'est possible : mais nous pensons — à l'encontre de Portai — qu'il faut absoudre pourtant et complètement R. de Graaf et Verheyen de l'accusation de plagiat.

DlSSECïlOKS

Il faut arriver à Vésale pour assister aux premières secousses d'une révolution qui devait transformer l'ana-

lant s'en faut qu'il ait eu fille qui ait ainsi conçeu. Blasmer aussi Averrhœs, autrement philosophe très excellent, d'avoir couché par escrit qu'une femme avait conçeu, pour avoir reçeu la semence d'un homme, qui l'avait cspandue en un bain, dans lequel elle avoit esté attirée par son avide vulve, estant fortuitement entrée audit bain après la sortie de celiiy qui l'avoit ainsi espandiie. iMais ce que veut Albert le Grand est beaucoup plus absurde : quand il dit que la semence de l'homme tombée en terre ne laisse d'estre prolifique, et que de son temps les femmes estant entrées dans le bain, après la sortie de leurs maris, elles avaient recueilli les semences de leurs dits maris, qui estoient espandues par ledit bain, dont elles estoient demeurées enceintes. Telles propositions eussent été tolérables à autres qu'à ces grands philosophes : comme au bonhomme Sainl Thomas, lequel ayant commis la garde d'une sienne niepce trop frétillante, à une vieille femme, nonobstant la diligence de laquelle cette liile ne peut estre tant contregardée, qu'elle ne se montrast naturelle, dont estant demeurée enceinte, ils n'eurent autre excuse, envers ce saint personnage, sinon (|u'elle cstoit entrée dans un bain, où un jeune homme avait auparavant jette quelque cliose qu'elle avoit recueilly, sans avoir mauvaise volonté, ou avoir commis aucune action indiscrète. Ce que le l)onhoinme receut pour argent contant et de bon aloi. »

tomic. Mais, telle était alors la force des anciens préjugés que lorsque Vésale, repoussant l'autorité (Je Galien, prétendra lui substituer la seule autorité légitime, celle qui est basée sur l'examen des faits, on criera au sacrilège, et Sylvius, le maître du novateur, sera tellement outré de cette audace qu'il rompra toute relation avec son élève.

A dire vrai, le médecin de Pergame en tant qu'anatoraiste eut au moyen âge des disciples qui lui firent honneur et dont les noms sont venus jusqu'à nous. Ce sont pour la plupart des Italiens. Deux surtout méritent une mention.

Au xni« siècle, la chaire d'anatomie de Bologne est occupée par Mundini qui est considéré comme le restaurateur de l'anatomie en Occident. Il écrit, aux environs de 1315, un Traité d'anatomie d'après Galien et Avicenne qui eut un grand succès, à ce point que les statuts de l'Université de Padoue défendirent pendant longtemps de se servir d'autre traité sur la structure du corps humain pour les leçons de son école de médecine. Au xvi" siècle, Mundini n'avait pas perdu sa réputation européenne. Après lui, et toujours à cette même Université de Bologne, Bertrucius^ professa avec succès l'anatomie sur le cadavre, et fut le maître de Guy de Chauliac qui, lui aussi, composa un traité sur cette matière.

Il est de toute évidence que l'anatomie ne peut progresser que par les dissections. Or ni Mundini, ni Bertrucius, ni Guy de Chauliac, ajoutons ni Ferrari ni ses contemporains, n'ont disséqué dans le sens exact du mot. A leur époque, et bien qu'ils vécussent en des temps difl'érents, on ouvrait seulement trois grandes cavités, tête, poitrine, abdomen pour en étudier le contenu. On découvrait quelques muscles, on suivait encore ni trop loin, ni très exactement quelques vaisseaux et quelques nerfs ; on décrivait le tout en s'aidant d'Avicenne, sans s'apercevoir que le texte n'était pas toujours conforme à la nature. Ecoutons d'ailleurs Guy de Chauliac. Il va nous donner des renseigne-

\. Mundini (12o0-132(i). Son traité d'anatomie Tut imprimé la prcmifrc Tois on 1478 : Analomia Mundini a capile usqne ad pedes. « Mundini, dit Cruveilhicr n'a lait que confirmer les découvertes de Galien, et si l'on en excepte l'explication des sympathies par les communications vasculaires, son ouvrage ne contient rien d'originiii. »

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