VI. — C POUR l'épouse du tri:s magnifique et très illustre
SEIGNEUR ET COMTE MIGUEL COTIGNOLE. — DOULEURS DE LA RÉGION TEMPORALE DONT l'oRIGLNE EST DANS LA MATRICE.
La maladie de Magnifique Dame Isabelle d'Attendolis est caractérisée par des douleurs temporales, dont la cause doit être cherchée du côté de la matrice principalement, et aussi du côté de l'estomac. Les douleurs sont précédées en effet d'une sensation de malaise du côté de la matrice, de tremblement, et d'un sentiment d'appréhension. Il s'ajoute à tout cela des nausées. En général, la céphalalgie est plus marquée au moment des règles ; elle disparait avec elles ou tout au moins diminue. — En résumé, vapeurs s'élevant de la matrice, auxquelles viennent s'en ajouter d'autres, venues de l'estomac. — Le traitement consistera surtout dans une hygiène bien entendue. Résidence en un pays tempéré, plutôt frais; chambre à coucher peu éclairée. Les longues veillées sont nuisibles, ce qui ne veut pas dire pourtant que le sommeil prolongé soit chose excellente. On évitera l'agitation, les passions trop vives, on ne se mettra pas en colère, etc. La nourriture sera plutôt froide. Suit la liste des viandes, légumes^ fruits, etc., qui conviennent au cas particulier. — Bains jusqu'à l'ombilic ; bains de pieds chauds. Frictions des jambes, des cuisses et de la région stomacale avec une étoffe rouge'. Saignées légères des veines du pied, ventouses
1. La pratique des frictions avec des étoffes écarlates était très en vogue au moyen âge et dans nombre d'affections. « Le moyen âge, dit M. Albert Vandal, voyait dans le rouge le symbole de la santé renaissante, des énergies reconquises, et lui attribuait môme une vertu de réconforf. » On enveloppait souvent aussi les malades dans les mêmes étoffes. Lorsque Jean l'Anglais fut appelé à la cour d'Angleterre pour soigner le fils d'Edouard III qui était atteint de la petite vérole, il le fit envelopper de drap écarlate et il ordonna que tout ce qui environnait son lit fût couvert d'étoffes de la même couleur. — La coutume d'envelopper d'écarlate les malades atteints de la petite vérole a longtemps subsisté chez les Japonais. Rœmpfer, qui écrivait au commencement du siècle, rapporte qu'ils faisaient tendre la chambre du malade d'étoffes de cette couleur, et que les rideaux du lit, ainsi que les habits de ceu.\ qui l'approchaient, étaient également rouges. — Bayle raconte l'histoire du fils d'un capitaine d'infanterie anglaise qui, en 17ii, reconnu atteint de la petite vérole par un médecin, fut immédiatement dépouille de sa chemise
sèches sur les membres inférieurs. « A noter ce fait singulier, que les frictions et dérivations sur les membres inférieurs sont très utiles pour préserver des douleurs de tôtc, alors que l'emploi des mômes procédés sur les membres supérieurs — qui n'aurait dans ce cas aucun effet — est excellent après l'apparition de ces douleurs. » Contre ces dernières : dérivatifs, potions calmantes ; topiques à base d'opium dans les oreilles « et enfin, pour hâter la disparition des vapeurs et s'opposer à leur marche envahissante, il sera bon de faire un léger échauflement de la tête avec un linge un peu chaud, et puis l'on peignera la malade avec douceur, en se servant, comme le veulent les anciens médecins, d'un peigne fait avec la corne droite d'un bouc' »,