‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 79 sur 126 · A UNE BRULURE DE LA MAIN · texte numérisé non relu

A UNE BRULURE DE LA MAIN

Ces trois consultations sont signalées par Daremj)erg comme intéressantes ; on y voit en elîet que Ferrari distinguait nettement l'Epilepsie essentielle d'avec l'Epilepsie symptomatique, ou Epilepsie par communication {per co?nmunitatem). Pour être tout à fait fixé sur les idées de Matheus au sujet de cette affection, il est nécessaire de lire aussi dans la Practica le chapitre qui lui est consacré. On trouve là, à côté d'explications embrouillées et diffuses, quelques points intéressants et clairement expliqués. L'étiologie etlasymptomatologiede l'affectionysontlonguement décrites, alors que,' dans les Consultations, l'auteur passe rapidement sur l'une et l'autre, pour s'attacher surtout à l'étude du traitement. Nous nous bornerons ici à donner un aperçu de la façon dont Matheus entendait le Morbus Sacer, maladie connue et étudiée depuis les temps les plus anciens.

« Lorsqu'une personne tombe subitement à terre, se tord, s'agite et perd toute connaissance, alors on dit qu'elle est atteinte d'épilepsie. De l'écume sort-elle de sa Ijouche, y a-t-il incontinence d'urine, de sperme ou de matières fécales? Alors l'affection est plus grave et à son maximum d'intensité. » Sur les causes, l'auteur, reprenant selon son habitude les opinions émises par les anciens. Grecs et Arabes, et par les contemporains, distingue d'abord une épilepsie^jn' mé-n/mm, dont il faut chercher la cause dans le cerveau même et nulle part ailleurs. Il s'agit alors d'un spasme du cerveau, sous l'influence d'une mauvaise matière, flegmatique plutôt que mélancolique. « 11 faut penser que l'épilepsie, dans ce cas, est une maladie propre du premier ventricule du cerveau, parce que c'est là plutôt qu'ailleurs que se vient accumuler la matière flegmatique, et parce que, parmi les organes des sens, la vue et l'ouïe sont les premiers atteints. Du premier ventricule, la lésion se transmet au ventricule postérieur, de sorte que la parole et l'intelligence sont ensuite abolies'... »

1. Le cerveau, selon les anatomistes de cette époque, possède trois ventricules : antérieur, moyen et postérieur. Chaque ventricule a des attributions

A côté de cette épilepsie essentielle, il y a une épilepsie par communication; c'est-à-dire que les humeurs malignes, se trouvant par hasard on naturellement réunies dans un organe ou dans un membre, peuvent, à certains moments, aller inÛuencer la substance cérébrale, provoquant le spasme du cerveau et donnant ainsi naissance à une attaque épileptiforme. La Consultation XIII nous ofFre un exemple de cette épilepsie par communication. Il s'agit d'un jeune homme de Bologne qui présente des convulsions attribuées par Ferrari à une brûlure de la main par vésication. Les vapeurs se sont élevées de la main malade au cerveau, d'oii épilepsie. C'est par le môme procédé que parfois certaines maladies s'accompagnent de crises épileptiformes : maladies d'estomac, du foie, de la rate, du mirach, de la matrice. La présence de vers dans l'intestin est souvent suivie de convulsions à forme épileptique. « L'épilepsie se rencontre surtout dans le jeune âge et dans l'adolescence. Les vieillards en sont très rarement atteints. C'est le plus souvent la nuit que l'attaque fait son apparition, et dans ce cas, le pronostic est plus sérieux. » La symptomatologie est assez complète. L'aura n'est pas oubliée : « Le malade, avant l'attaque, sent parfois quelque chose qui, de l'un quelconque de ses membres, s'élève et monte vers la tête : il importe dans ce cas, et sans perdre un instant, de lier le membre fortement; on peut ainsi conjurer l'accès... D'autres fois, bien avant de tomber, le malade a des vomissements, des palpitations de cœur, de la céphalalgie... » Un symptôme que nous n'avons pas trouvé mentionné, c'est le cri initial. Mais par contre Matheus signale ce fait qu'il se trouve des épileptiques chez lesquels on n'observe pas de chute, mais seulement des troubles passagers et rapides. « Et pourtant, dit-il, ces malades, malgré le peu d'intensité des symptômes, sont des épileptiques. »

Le traitement prend dans les Consilia aussi bien que dans la Practica une place considérable. Nous n'y avons

spéciales. Au ventricule antérieur ou premier venticule sont assignés le sens commun et l'imagination. De plus, les nerfs scnsitifs naissent de ce ventricule, c'est-à-dire les nerfs qui s'étendent aux yeux, aux oreilles, à la langue, à l'estomac etc. Au ventricule moyen sont assignés la faculté de penser et le raisonnement. Au postérieur, la mémoire et la parole. Ces trois ventricules communiquent par des conduits, lesquels servent de passage aux esprits.

rien Uouvc qui pût retenir l'attention. Notons cependant ces conseils à l'usage de ceux qui assistent ?i une attaque d'épilepsie : « Remettre sans violence les membres du malade dans la rectitude et la position longitudinale, tacher de s'opposer à leur contraction; mais surtout empêcher la morsure de la langue en plaçant un morceau de bois entre les dents. Veiller à ce que le patient ne tombe ni dans l'eau ni dans le feu. » Relevons encore ces trois étranges prescriptions pour le jeune homme de Rologne : « Comme préservatif, je serais d'avis qu'on prît des pierres trouvées dans le ventre de petites hirondelles, qu'on les renfermât en un sachet de peau de veau et qu'on suspendît ce sachet au cou du malade deux fois la semaine. » — « Faire une poudre avec les os d'un crâne humain du sexe masculin; en prendre une cuillerée deux fois par semaine dans une décoction aqueuse d'hysope. » — « Je verrais avec satisfaction que le malade portât sur la tête, jour et nuit, et ce, pendant une année entière, un morceau de peau d'âne, détaché de Ja région frontale de cet animal. »

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