‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 80 sur 126 · XIV. C SUR UN mauvais' ÉTAT DES NERFS, POUR LE TRÈS · texte numérisé non relu

XIV. C SUR UN mauvais' ÉTAT DES NERFS, POUR LE TRÈS

RESPECTABLE SEIGNEUR ET ARGHIPRÈTRE DE SIGGIS DE CARANDIO.

(( L'affection du très respectable archiprêtre de Siccis est caractérisée principalement par une faiblesse des nerfs, consécutive à une complexion froide, en partie naturelle, en partie acquise, à laquelle vient s'adjoindre accidentellement, par suite d'une digestion mauvaise, quelque chose d'humide. Mais la cause vraiment importante de la maladie doit être surtout attribuée au tempérament froid du malade. Les nerfs en effet sont beaucoup plus influencés par le froid que par l'humidité. En raison de ce tempérament qui affaiblit l'organisme, on voit apparaître spasme, stupeur, tremblement, contracture, faiblesse de la voix, difficulté de la parole et de la respiration; ces derniers symptômes tenant à la faiblesse des muscles. 11 semble en outre, dans le cas particulier, qu'il y ait disjonction de la sixième ou septième vertèbre, disjonction produite par l'humidité. » Ce sont là les seuls renseignements, les seuls symptômes qui nous sont donnés.

Il serait assez difficile de formuler un diagnostic rétrospectif d'après le passage ci-dessus, et nous nous abstiendrons de faire môme une hypothèse. Nous avons traduit ce fragment de consultation, uniquement parce qu'il nous a semblé que c'était là un excellent spécimen de la phraséologie des médecins d'autrefois.

Le traitement institué est celui des maladies nerveuses et cérébrales : purgatifs violents, saignées, médicaments à base d'assa fœtida. Mais de plus, il y a prescription de bains thermaux, et à ce propos Matheus fixe quelques règles à liisage des malades auxquels ces bains sont recommandés :

« Première règle. — Évacuation intestinale naturelle ou au moyen de lavements.

u Deiixième règle. — Pendant la période des chaleurs, il y a lieu de choisir certaines heures pour le bain. On le prendra donc dans le temps que la température sera moins élevée ; c'est-à-dire le matin ou le soir; par exemple au lever du soleil ou peu après.

« Troisième règle. — W importe que la baignoire soit propre, et que l'eau soit expurgée des matières qui pourraient la souiller. Cette eau coulera de la source sans arrêt, et l'accès de cette source sera interdit aux lépreux, galeux et autres patients affligés de maladies contagieuses.

« Quatrième règle. — On pourra rester dans le bain aussi longtemps que l'on voudra, mais à condition de ne pas éprouver de faiblesse. Au début du traitement on y séjournera peu.

(c Cinquième règle. — Avant le bain, on évitera de prendre nourriture ou boisson, et l'on se défiera aussi de tout ce qui peut engendrer des pensées lubriques.

« Sixième règle. - Aussitôt sorti du bain, et sans tarder on s enveloppera de couvertures, on se couchera dans un ht bien chaud et l'on dormira. S'il y a transpiration, tout sera pour le mieux.

« Septième règle. ~ Au réveil, légère friction. Avant de manger on fera une petite promenade. Que si, conséquence d une trop grande faiblesse, cet exercice était impossible alors la friction sera plus longue. '

« Huitième règle. - La nourriture sera telle, tant en qua-

lité qu'en quantité, que l'estomac ne souffre pas et qu'il n'y ait pa« de vomissements. Pour la boisson, il faudra en user avec mesure, dans la crainte d'engraisser.

« Neuvième règle. — Si l'on prend deux bains par jour, on s'arrangera de telle sorte que le second soit pris sept ou huit heures après le repas.

« Ces conseils s'expliquent facilement. En effet, n'est-il pas vrai que quelquefois le bain est suivi d'insomnie pénible, de soif intense, de céphalalgie, de constipation, de sueurs profuses et continues, de points, de douleurs pendant la miction, de rhume de cerveau, de perte d'appétit, etc., tous malaises qui, si l'on n'y prenait garde, rendraient illusoires les bons eftets qu'on attend des bains? C'est donc pour prévenir ces inconvénients que j'ai indiqué ces quelques règles. »

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