‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 90 sur 126 · XLII. C TRAITEMENT PRÉSERVATIF DE LA PHTISIE · texte numérisé non relu

XLII. C TRAITEMENT PRÉSERVATIF DE LA PHTISIE

ET DE l'ulcération DU POUMON ET DU LARYNX.

Le jeune homme pour qui un médecin de Gênes demande cette consultation se nomme Sébastien de Casa Majore. 11 donne des inquiétudes à son entourage, non pas qu'il tousse beaucoup ét que sa respiration soit difficile; mais il maigrit,

!. Practicu, fol. 13G.

il a de la température, les urines sont un peu troubles. On est incertain sur le diagnostic. Ferrari interrogé par lettre ne s'avance pas trop. Les signes fournis ne sont pas suffisants pour une conclusion ferme. De plus, s'il y a phtisie au début, on sait combien, d'une part il est difficile de la reconnaître, et, d'autre part, combien fréquemment on peut la guérir au dire d'Avicenne. Ainsi donc, le traitement seul pourra fournir des renseignements.

La partie hygiénique de ce traitement est importante. Climat tempéré et même un peu froid. Pas d'humidité, pas de brouillards. Une atmosphère fumeuse ou poussiéreuse est nuisible, fumée et poussière provoquant la toux. Chambre bien éclairée, fenêtre à l'orient en hiver, à l'occident en été. Si le malade a froid, on le réchauffera avec des draps chauds ou des vessies et des vases remplis d'eau chaude et déposés à ses pieds. Cette chaleur est de beaucoup préférable à celle du feu. En été, s'il y a lieu de rafraîchir la chambre, aspersions avec de l'eau parfumée. Un point très important est de changer l'air de la chambre. — On emploiera les lotions suivies de frictions. Elles sont utiles pour faire expectorer. Pas de colère, pas d'excitation; au contraire, de la gaieté. S'amuser, vivre dans une société distinguée, écouter des discours agréables, des chants, de belle musique. Se promener dans de beaux sites. S'habiller avec élégance. Il n'y aurait pas d'inconvénients à user des rapports sexuels, â moins toutefois qu'on ne remarque qu'ils sont plutôt nuisibles qu'utiles.

Parlant de l'alimentation, Matheus recommande spécialement « la chair de limaces et de ces petites grenouilles qu'on trouve à l'entour des arbres, dans les forêts; elles sont vertes avec le ventre blanc et on les récolle par les temps pluvieux. Il faudra les bien préparer; on leur coupera la tète et les pattes jusqu'aux cuisses. On les videra et on les lavera, etc. Ce mets est excellent, car il est froid et altérera la complexion du malade, ce qu'on recherche principalement. » Les poumons de renard sont aussi choses excellentes. Pas trop de vin.

Dans le chapitre des médicaments, lesquels seront froids, il faut noter des clystères doux et réconfortants. « Et à cet

effet, conviennent des clystères faits avec des bouillons de poulet, de tôle de chèvre, de bouc ou d'agneau, dans lesquels ou ajoutera 3. i. de sucre, et 5. 5. de cannelle avec §. iiij. d'huile de violette et un peu de sel. On pourra en prendre un ou deux par semaine. »

Bien entendu, sirops émollients, pastilles béchiques, etc.

Les bains tièdes sont conseillés en été, et surtout les bains d'herbes qui refroidissent la complexion : laitues, mauves, violettes, camomille. Le lit après le bain, puis onction sur la colonne vertébrale avec huile de violettes, d'amandes douces et de roses.

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