LXXXIV. C POUR UiNE RESPECTABLE DAME DE BOURGOGNE
SOUFFRANT d'uNE RUPTURE DU SIPHAG * DANS l'aINE.
Il s'agit, d'après les réponses faites aux questions de l'auteur, d'une hernie intestinale, et peut-être épiploïque compliquée d'inversion utérine, u Deux accidents sont à traiter : d'une part, une tumeur très apparente dans la région de l'aine avec douleur vive tenant à la solution de continuité du siphac et à la présence dans l'intestin hernié de matières fécales : d'autre part, difficulté d'un coït fécondant par suite de ce fait que l'orifice interne de l'utérus n'est pas dans l'exact prolongement de l'orifice du col. » Matheus donne d'abord des conseils sur la façon dont il faut s'y prendre pour réduire la hernie. Il est d'avis d'agir toujours avec douceur et prudence pour ne pas provoquer d'accidents graves. Enfin, la hernie est rentrée; il faut la maintenir en bonne place. « On fera un brayer pour lier et comprimer l'endroit par oii sort l'intestin afin que rien ne descende. Mais il est surtout une précaution à prendre qui a été notée par Avicenne et qui est omise par la majorité des praticiens : la pelote du brayer ne doit pas
1. Péritoine. — Cette consultation a été reproduite en partie par Malgaigne dans son Introduction aux Œuvres d' A. Paré.
êlrc en forme de sph6ro, mais carrée et plane, parce que, quand elle est sphérique, il est à craindre qu'elle ne dilate rorifiice. On la fera donc avec cette forme indiquée, large de quatre doigts, en toile de lin repliée plusieurs fois sur ellemême, en mettant du coton entre les plis; elle sera bien plane, non arrondie, et fixée à un brayer, construit de façon ordinaire, c'est-à-dire avec une lame de fer, taillée selon le volume de la hernie, et recouverte en entier de laine et d'un peu de coton, sans la rendre ronde, mais la laissant toujours plane. Ceci fait on appliquera immédiatement sur l'endroit de la tumeur un emplâtre ou un cérat de telle sorte qu'il adhère fortement à la peau, et par-dessus l'on mettra cette lame de fer, et par-dessus cette lame, la pelote, et on maintiendra, le tout avec un brayer fait convenablement et serré de manière que rien ne puisse descendre. » Nous laisserons de côté la médication interne, potions, sirops, pilules, de même que certains médicaments externes comme onguents et emplâtres. Pour le traitement de l'inversion utérine nous n'en dirons rien et pour cause; Ferrari renvoie en effet à une consultation qu'il a écrite pour cette même dame, mais qui ne se trouve pas dans les Consilia. Il indique seulement que l'inversion utérine peut être cause de stérilité.
LXXXllI. H DESCENTE DE MATRICE CHEZ UNE RESPECTABLE