‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 93 sur 126 · DAME DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

DAME DE BOURGOGNE

Entre autres prescriptions contre cette affection Matheus conseille un pessaire solide. « Et si ipsa matrix reducta fuerit jam insurgit alia intentio que est ipsius conservatio in situ convenienti: et hoc perficit multis instrumentis. Primum est ut jacente muliere superiora elevatis cruribus aperiat obstitrix vulvam et apponat lanam succidam parietibus matricis et eisdem adherere faciat. Deinde ponat aliam lanam infusam in vino pontico decoctionis sumac, acacie, gallarum balausticarum, et aliarum medicinarum stypticarum. Et si illa lana informaretur in forma membri virilis melius foret. Et si illa lana fieri non potest primo formetur membrum ex cera satis solida, deinde circumvolvatur lana infusa, etc. »

Malgaigne, parhinl. de. ce passage, dit dans son inlroductioh aux Œuvres d'Anibroisc Paré : « C'est la pi'cmi(>re mention que je sache d'un pessaire solide. » Dans le cours du môme ouvrage* il s'étonne que Franco n'ait parlé que des pessaircs médicamenteux, tandis que, un siècle avant lui, Mathieu de Gradi avait conseillé pour un prolapsus utérin un pessaire assez solide. Il y a là une erreur de la part de Maigaigne. Matheus n'a pas inventé le pessaire solide. Hippocrate, Soranus, les Salernitains en ont parlé et leur emploi est préconisé dans quelques ouvrages du moyen âge. Et même un pessaire fort ingénieux avait été longtemps aupaiavant employé par Absyrte et Aibucasis contre le prolapsus utérin, le pessaire à air. Le premier de ces auteurs l'avait introduit dans l'art vétérinaire et s'en servait chez la jument; le second, chez la femme. Absyrte insinuait dans la vulve une vessie vide; il la distendait en soufflant dans un chalumeau, et, lorsqu'elle avait pris le volume nécessaire, il la liait à son col et la retenait par un bandage; après dix jours, U perçait la vessie, la vidait et la retirait".

Page 1