‹ Une chaumière et son curChapitre 15 sur 38 · DOROTHÉE. A · texte numérisé non relu

DOROTHÉE. A

JOHN. A marcher droit ;• attendu que voue n'êtes pas bonne tous les jours, la cabaretière.

DOROTHÉE. Parce que j'ai de la tète, du caractère, de l'ordre, de l'économie... tout ce qu'il vous faudrait en un mo .. aussi , je ne vous en parle plus et vous êtes bien le maître de vous ruiner... si cela vous plaît...

JOHN. Me ruiner! c'est possible... ça en prenait le chemin ; mais, grâce au ciel, j'ai en train une bonne affaire qui va rétablir les miennes.

DOROTHÉE. Et laquelle?

JOlï\'. Ça ne vous regarde pas! maître Jedediah , le régisseur du château, est-il arrivé?

DOROTHÉE. Oui, il est là...

MAGASIN THEATRAL

JOHN. Alors je souperai plus tard, je vais le trouver.

(Il fait quelques pas pour sortir.)

DOROTHÉE. Ce n'est pas la peine.

JOHN, s' arrêtant. Et pourquoi cela?

Dorothée. Il ne compte plus sur les deux cents guinées que vous lui avez promises...

JOHN, revenant vivement auprès de Dorothée. Du silence.... qui diable a pu vous apprendre?..

dorothée. Est-ce que je ne sais pas tout?., votre bail vient d'expirer pour la ferme deKendal... un bail qui serait susceptible d'une grosse augmentation ; et au lieu de cela le régisseur Jedediah a promis de vous faire avoir un nouveau bail de douze ans, avec une forte diminution... ce qui dans les mains d'un homme d'ordre serait une fortune superbe...

JOHN. Je le sais mieux que vous!

DOROTHÉE. Ce qui lui permettrait, dans douze ans, de se retirer dans ses propres domaines et de devenir, à son tour, un riche propriétaire.

JOHN. C'est bien mon idée.

DOROTHÉE. Eh bien ! mon cher John, il faut y renoncer.

JOHN. Et pourquoi cela?

dorothée. Parce que vous n'aurez pas de bail.

JOHN. Jedediah me l'a promis pour deux cents guinées... je le tuerais s'il manquait à sa parole !

DOROTHÉE. Et s'il ne pouvait pas la tenir?., si lord Wolsey , le nouveau maître du château, lui avait ordonné d'en disposer en faveur d'une autre personne à laquelle il porte intérêt !

JOHN. Quelle indignité!., une personne sans délicatesse qui aura été intriguer auprès du milord.

dorothée. Comme vous auprès du régisseur ?

john. Et si je connaissais seulement cette personne-là.

DOROinÉE. C'est moi !

JOHN. Vous, mistriss Dorothée!., c'est vous qui m'enlevez mon bail ! on le donne à vous... à une femme !

dorothée. Je peux prendre un mari!

rien ne s'y oppose... et quand on saura que je suis la fermière de Kendal , les épouseurs ne me manqueront pas.

JOHN, avec désespoir. Je crois bien! une si belle ferme.

DOROTHÉE. Ils viendront me demander ma main.

JOHN, de même. De si bonnes terres, qui

peuvent rapporter le double de ce qu'elles donnent,

dorothée. Ils me presseront tous de.

faire un choix.

JOHN, de mêrûe. Parbleu!., des bestiaux en si bon état, et se voir enlever tout cela !

dorothée. Il ne tient qu'à vous... de les en empêcher.

john. C'est ça! vous y v'ià encore !

quand je disais qu'elle y tenait et qu'elle y revenait toujours.

dorothée. Moi , du tout , je n'insiste pas... et dès demain j'aurai pris mon parti.... ainsi, dès aujourd'hui, prenez le vôtre... oui ou non, et tout sera dit.

JOHN. A-t-on jamais vu une position semblable.. {S1 approchant d'elle.) Voyons, ma petite Dorothée , il n'y aurait pas moyen autrement ?

dorothée, avec fierté. Que voulez-vous dire?

JOHN. Je dis... à des conditions moins rigoureuses... je t'aimerai tant, Dorothée, que mon amour pourra te dédommager..

dorothée. Et de quoi? tous les avantages sont pour vous!

JOHN. En un sens, je ne dis pas... mais dans l'autre...

DOROTHÉE. Je ne vois que des bénéfices,nous réunissons l'auberge et la femme.

Air : Vaudeville de Voltaire chez Ninon. Vous n'aimez pas à travailler, De vous remplacer je m' propose; Je m'charge de tout surveiller, Pendant que monsieur se repose...

Parler, agir et commander, "Voilà queir tàeh' sera la mienne !

Vous n'aurez qu'à me regarder...

john, la regardant.

C n'est pas ell' qu'aura le plus de peine.

DOROTHÉE. Du reste, aucun embarras pour vous, aucun souci.

JOHN. C'est vrai.

DOROTHÉE. Si ce n'est de boire et de rire avec vos amis.

JOHN. C'est vrai... par malheur, Dorothée, vous n'avez guère d'argentcomptant.

DOKOTHÉE. Et les deux cents guinées qu'il faudrait donner à Jedediah , et qui vous restent... c'est ça que je vous apporte ; et de plus une ferme superbe.

JOHN, se décidant. C'est ma foi vrai!... au petit bonheur! arrivera ce qui pourra. . Qui tendant la main) affaire faite...

DOROTHÉE, la prenant. Et conclue...

JOHN. Et alors qu'on me donne à souper ! un bon souper , et une bouteille de vin !.. ça étourdit !

DOROTHÉE. A l'instant même.

JOHN , allant à gauche et frappant sur la

table. Et dépêchons. . . les garçons , la fille , il n'y en a jamais ici.

DOROTHÉE. C'est ce qui vous trompe , je viens de retenir une jeune servante que vous adresse M. Hapefort, le constable ; elle s'est recommandée de vous!

JOHN. De moi , ou du diable , peu importe.'., pourvu qu'elle me donne à souper et qu'elle ne me fasse pas attendre.

Dorothée. Je vais vous l'envoyer...

Adieu! John.

(Elle va vers la chambre à droite.)

JOHN. Adieu , Dorothée. ( La regardant.") plus je la regarde... {Avec tendresse. ) Dorothée!..

DOROTHÉE, s'arrétant et regardant John.

Quoi?

JOHN. Envoie-moi deux bouteilles.

(Dorothée entre dans la chambre à droite.)

eeoeseeeaeeesseeeoeQeeeseeaseeooeeeossa a esa

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