‹ Une chaumière et son curChapitre 19 sur 38 · JOHN, JENNY · texte numérisé non relu

JOHN, JENNY

JENNY, à elle-même. Fiancé d'aujourd'hui! il ne savait pas que je reviendrais; c'est égal. (A John.) Qu'est-ce que je viens d'apprendre? Vous, monsieur John, fiancé à cette vilaine femme-là

* Dorothée, John, Jenny.

16 MAGASIN THÉÂTRAL

JOHN. Ce n'est pas ma faute, Catherine, c'est malgré moi ; j'y étais forcé, je ne pouvais pas faire autrement.

JENNY. Et comment cela?

JOHN. Je m'en vais te l'expliquer, parce que, toi, tu as de l'esprit, et tu comprends les choses : Je tenais une ferme, qui maintenant est à peu près toute ma fortune.... elle appartient à lord Wolsey...

JENNY, cive c émotion . Lord Wolsey !

JOHN. Un riche seigneur que tu ne connais pas.

jenny. Si vraiment; je te dirai cela, va toujours.

JOHN. Le bail est expiré... et j'allais le ravoir avec une diminution...

JENNY. Il était donc trop cher?

JOHN. Au contraire, il aurait dû être augmenté ; mais moyennant deux cents guinées, que je donnais à M. Jedediah, le régisseur.

JENNY. O ciel! M. Jedediah trompait donc milord !

jonN. Cela ne me regardait pas.

jenny. Si vraiment, puisque tu en profitais... et ce n'était pas bien, ce n'était pas digne de toi.

JOHN. Si, ma foi! car c'était une fameuse affaire ; d'ailleurs, milord est si riche !.. c'est de bonne guerre, c'est de franc jeu... chacun pour soi ; mais malgré tout ça.. . je ne l'ai pas eu.

JENNY , lui tendant la main. Tant mieux!

JOHN. Parce que je n'ai pas pu; c'est cette mistriss Dorothée qui l'a obtenu... et qui est venu me dire : « Promettez-moi de m'épouser, et vous aurez la ferme. »

jenny. Et tu as refusé bien vite?

jonN. En refusant j'étais ruiné.

JENNY. Eh bien! qu'importe?

JOHN. Comment qu'importe? tu ne comprends donc pas?.. Je vais l'expliquer de nouveau...

jenny. C'est inutile!., moi qui teparle, John, j'avais aussi une belle fortune, et je l'ai abandonnée, j'y ai renoncé sans regret.

JOHN. Pourquoi donc?

JENNY. Pour venir près de toi.

JOHN C'te bêtise!., fallait donc me l'apporter...moi, ça m'aurait dispensé d'épouser Dorothée.

jenny. L'épouser! tu y 'penses encore, depuis que tu m'as vue... quand je suis là, près de toi.

JOHN. Qu'est-ce que ça peut te faire, puisque je ne l'aime pas, nu contraire? je la déteste... je ne peux pas, la souffrir? et ça fera bientôt un ménage à la diable... ce ne sera pas long.

jenny. Et c'est pour elle que vous renoncez à moi ?

JOHN. Renoncer à toi!., plutôt mourir, car depuis que je t'ai revue, çam'arepris.. je t'aime bien plus qu'autrefois... je t'aime comme un enragé.

jenny. Eh bien, alors.

JOHN. Eh bien !

JENNY. Eh bien?

JOHN. Eh bien, ça n'empêche pas.

jenny. Comment? ça n'empêche pas....

JOHN. Non vraiment!., et tu ne comprends donc rien! elle sera ma femme, parce qu'elle a la ferme ; mais tu seras ma bonne amie, toi... parce que je t'aime.

(La ritournelle de l'air suivant.)

JENNY. O ciel!., je l'ai voulu, je l'ai mérité... Adieu!

JOHN. Où vas-tu donc?

jenny. Laissez-moi.

JOHN. Non parbleu !.. Qu'est-ce que c'est que ces manières, et à quoi ça sert?.. Air : Allez dormir, ma belle. ( M. Monpou. )

Allons, n'sois pas rebelle,

Un seul baiser, ma belle ,

Ton amour est mon bien...

Oui, nos cœurs sont les mêmes,

Etpuisqu'enfin tu m'aimes,

Que ça n' soit pas pour rien !

jehhy, effrayée.

Al'bonneor j'en appelle,

Vous y serez fidèle,

Votre cœur m'entendra !

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