DOROTHÉE, JOHN, JENNY
DOROTnÉE, parlant endedans. Oui, oui.
monsieur Jedediah,c'estune affaire conclue et arrangée. (Elle entre.) Eh bien, est-ce qu'on ne se couche pas, aujourd'hui... v'ia tout à l'heure minuit.
JOHN. Fallait bien le temps de souper.
(Jcnny et John portent la table an fond du théâtre.) DOROTHÉE. Votre chambre est prête .
monsieur John!., c'est de ce côté.
(Montrant la porte a droite.) JOH\. C'est bon !.. on y va !.. Et Cathe-
dorothÉe. Ne vous en inquiétez pas...
(Remettant à Jenny un bougeoir. ) Tenez mou enfant.
JENNY, prenant le bougeoir avec dégoût, a part. Ah ! mou Dieu !.. du suif!
DOROTnÉE. Qu'est-ce que c'est?
JENNY, timidement. Rien... je dis que ça sens le suif.
DOROTHÉE. Pardine !.. c'en est. (Montrant la porte à gauche.) Voilà votre chambre.
JENNY , ouvrant la porte et regardant.
Quoi ' ee grabat.
DOROTHÉE. Un grabat!.. Toutes les servantes qui l'occupaiiint avant vous s'y trouvaient à merveille... quatre planches, un matelas, une chaise.
JENNY. A peine si on peut y respirer.
Dorothée. On ouvre la fenêtre... il y en a une sur la campagne.
JOHN*. C'est un vrai boudoir!
JENNY, avec un soupir, s'approchant de John . John ! je ne peux pas rester ici , j'y mourrais!., dès demain nous irons à la ferme.
JOHN, de même. Comme tu voudras.
DOROTHÉE, les regardant. Hein? qu'estce que c'est? qu'avez-vous là à chuchoter?
JOHN. Rien... elle me parle.
DOttOTHÉE. Qu'est-ce qu'elle vous dit?
JENNY, avec impatience. Que lui importe?., esi-ce que cela la regarde?
Dorothée. Qu'esi-ce que c'est que ce ton-là? Oui, mademoiselle, cela me regaiv de, parce que je suis la maîtresse et que vous êtes 'a servante... et je n'entends pas qu'à l'a- pair vous ayez des familiarités pareilles ><yec mon mari.
jeî-'HY. Son mari!
JOHN, à Dorothée. C'est-à-dire, permettez...
DOROTHÉE. C'est tout de même... fiancés d'aujourd'hui.
(On entend appeler dans la chambre h droite.)
JENNY, à John. Est-il possible'
JOHN, à demi-voix:. Sois donc tranquille, ne t'inquiète pas.
(Bruit dans la coulisse. Musique. On enten 1 denou-
la table et les verres.)
JOHN. Eh bien! eh bien ! entendez-vous ce tapage?., ce sont vos convives qui s'apprêtent à partir, et qui demandent le coup de l'étrier.
Dorothée. Eh bien! on y va. (A Jenny.) Et vous restez là... debout... immobile?...
JOHN. Est-ce qu'elle sait où sont les clefs de la cave?
DOROTnÉE C'est juste, c'est moi qui les ai... je ne les confie à personne... et pour cause. (Le bruit reduutiie.)Oa y va, on y va. Sont-ils altérés !
(Elle sort par la droite.)
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