SARAH, JENNY
sarah. Qu'avez-vous donc , mademoiselle?
JENNY. Rien... (Lui prenant les mains.) C'est bien elle ! (A part.) J'ai toujours peur de voir entrer mistriss Dorothée.
SARAH. Déjà levée. .. au point du jour?
jenny. Oui, je ne pouvais dormir.
S\RAH. Je le vois bien... et ces habits que vous avez là me prouvent que vos vilaines idées vous occupent toujours.
JENNY , avec embarras. Non, j'essayais ce matin ce costume; je ne sais pourquoi, un caprice, un souvenir.... le dernier sans doute.
SARAH , vivement. Dites-vous vrai ?'
jenny. Je te le jure ; j'y pense pour la dernière fois.
Saraii. Quel bonheur!., et comment cela se fait-il ! vous, qui hier encore?
jenny , vivement. Ah ! c'est que depuis hier... c'est que cette nuit... (Se. reprenant.) un rêve , un rêve affreux , auquel je ne peux penser encore sans effroi , m'a fait voir de près, ce que de loin mon imagination m'avait montré si brillant et si beau ! . j'étais folle !.. et maintenant que j'y pense, j'ai tort de leur en vouloir.
SARAH. Et à qui donc?
JENNY. sans écouter Sarah et sans la rc-
garder. Us sont ce qu 'ils doivent être , ce qu'ils ont toujours été... ce ne sont pas eux, c est moi qui suis changée; les soins qui m'entouraient, l'éducation que j'ai reçue, m'ont donné une autre existence , des pensées plus généreuses, de meilleurs sentimens, peut-être... et je dois en remercier , jedois en aimer encore plus celuiàqui je dois tant de bienfaits.
SARAH. Vous avez raison... et quoique je ne comprenne pas bien encore comment ce changement- là est arrivé...
jenny. Tant mieux, tant mieux, je ne sais où j'ai l'esprit en te racontant tout cela; n'en parle à personne, et garde-moi bien le secret.
SARAH. Je vous le promets.
jenny. Mais, je ne veux pas que milord me voie sous ce costume... Je passe dans mon appartement.
Sarah. Oui , mamzelle !
JENNY. Viens m'y rejoindre , j'aurai besoin de toi.
sarah. Je vous suis, le temps de mettre cette chambre en ordre .
JENNY. Ah! quel bonheur!
sarah. Soyez donc tranquille. ( Jenny i entre par la porte à droite. ) Il faut convenir qu'elle a fait là un rêve bien heureux. Air : Vaudeville de l'Homme vert nd
I y pen
Voilà pour elle , qua Un' bien bonn' nuit, D' sa foli', d' son extravagance Eli' s' trouv1 corrigée au réveil!
D'aut' pensées en son cœnr s'élèvent!
Ah ! quel bonheur pour- not' pi— Si tous les insensés qui lèvent Pouvaient se réveiller gue'ris.
C'est milord ! . .