M,'C\S!N THEATRAL
a quelque chose en elle qui ne va pas bien... Voilà deux heures que nous sommes dans le plus beau château du monde, et au lieu de le parcourir dn haut en bas , de l'admirer comme moi. ..
Dans an fauteuil , avec tristesse .
Vous restez là pour me'diter :
De vos jamb's et de vot1 .jeun
Il.'.l.-/
de profite
; êtes j
lanais cru von Hâtez-vous de vous divertir :
Pour se r'poser Ton a, ma chère , Le temps où l'on n' peut plus courir
JENNY, se levant nonchalamment Tu as raison.
SARAn. Tout ce côté du château est pouv vous . et puis , par-là , un salon de musique , et une petite porte qui conduit dans les jardins. Milord, votre tuteur, m'a dit de vous en remettre la clef, pour que vous puissiez , à votre gré, sortir dans le parc, et même dans la forêt. Profitezen... cela vous fera du bien... vous êtes souffrante.
JENNY, prenant la clef. C'est possible ; cependant jen'éprouve rien , je n'ai aucun mal.
SARAH. Si vraiment, le plus grand de tous: vous êtes trop heureuse!., c'est ce qui vous empêche de sentir votre bonheur. Pauvre orpheline abandonnée, vous avez été recueillie par milord, qui vous a donné de l'éducation et des talens , qui vous a rendue belle et gentille comme vousv'là!... Vous avez pris le ton, lts manières des grandes dames, et peut-être aussi leur ennui... car enfin, maintenant, vous n'êtes bien nulle part. . . A New-York, 70US ne parliez jamais que du bonheur de vous retrouver en Europe.
JENNY. C'est vrai.
SARAH. Et quand nous y sommes rêve- nus , vous ne pouviez rester en place', j£n Italie, vous aviez trop chaud, en Suisse, vous aviez trop froid ; vous ne pensiez qu'à l'Angleterre, votre patrie, au pays de Galles, qui vous avait vue naître; et milord , sans vous en rien dire , achète ce domaine exprès pour vous ; et rien qu'en apercevant ce canton, ces campagnes, c'é tait un trouble, une émotion, vous pou viez à peine parler... des larmes coulaient de vos yeux... et maintenant vous voilà calme et indifférente sur ce bien-être et ce bonheur qui vous entourent.
JENNY. Non... non... ie ne la suis nas!..
et je pense comme toi belle chose que la fortin :ore mieux que cela...
Sarah , c est une e; mais il y a en-
SARATI. Et quoi donc, s'il vous plaît'
jenny. Autre chose... d'autres idées...
je ne puis pas te dire ; tu ne me comprendrais pas. .. Mais je voudrais être loin d'ici, dans les bois , dans une chaumière.
SARAH. Laissez-moi donc avec vos bois et vos chaumières., moi aussi, à New- York, j'ai été dans les bois, puisque mon mari était bûcheron; il y est mort à la peine, ce pauvre cher homme! Etionsnous malheureux!... Mais depuis que je suis devenue votre femme de chambre, je n'ai plus , comme vous dites , l'ombre des bois, le silence des forêts, Dieu merci, et je m'en arrange très-bien. J'ai chez vous de bons appartemens , bien chauffés, une bonne table, un bon lit : tous les matins, du thé au lait ou du café à la crème , voilà le vrai bonheur!
JENNY. Tais-toi! je te le répète, ma pauvre Sarah , tu me fais mal. . . tu ne peux ni lire dans mon cœur, ni sentir ce que j'éprouve... car enfin, que suis-je en ces lieux?... pauvre fille, sans fortune, sans naissance, élevée et protégée par un seigneur jeune encore, riche-, aimable, qui m'accable de ses bienfails; mais ces bienfaits, de quel droit puis-je les recevoir?...
SARAH 0 ciel!.. 'quelle idée me donnez-vous là?...
JENNY. Non pas que lord Wolsey ait jamais été pour moi autre chose qu'un ami, qu'un père...
SARAH. C'est égal... il n'y a plus à hésiter; et avec des idées pareilles, il faut prendre un parti... Silence, c'est milord... coeaweeaeseeeeeeeseaeedesseeeeseeeoeeeeeee "