SCENE IX
WOLSEY, JOHN, DOROTHEE, JEDE- DIAH, SARAH.
JOHN , la saluant pendant quelle sort , à Dorothée. Etions-nous bêtes.... regardez, regardez donc cette tournure et c'te belle robe! c'est impossible.
(Sarah passe à droite du théâtre, et se tient derrière lord Wolsey.)
DOROTHÉE. Vous avez raison.
JEDEDIAH. C'est ce que je me suis dit.
■wolsey. Et de qui donc parlez-vous? le saurais-j e enfin?
JOHN. Oui monseigneur, c'est qu'autrefois mon père Robert-Gripp avait chez lui, à la taverne du Chariot d'or, une petite orpheline nommée Catherine, qui avait été enlevée par des voyageurs...
wolsey. O ciel !
JOHN. Il y avait plus de cinq ans qu'on ne savait ce q'u'elle était devenue, quand elle s'est présentée, c'te nuit , à la taverne. Dorothée, Jededia,
as
WOLSEY, vivement. Cette nuit ! en etesvous bien sûr.
S.arah, à part. 0 mon Dieu!
DOUOTHÉE. Pardine, c'est moi et M. Jedediali qui l'avons reçue... elle venait de mander M. John.
jedediah. Et une place de servante !
DOROTHÉE. C'est elle que le constable voulait arrêter , 'et qui venait de s'enfuir quand vous êtes arrivé.
WOLSEY , arec colère. Non... je ne puis le croire...
SA.RAH, à part, arec abattement. Je n'en doute plus !
JOHN. Oh! ce n'est rien encore, et v'ià le plus étonnant... c'est que c'te petite paysanne... cette servante... ressemble a milady...
jedediah. Que c'est à s'y méprendre.
DOROTHÉE. Sauf l'élégance etla noblesse?
JOHN. Que l'autre petite ne pouvait pas avoir.
Ain : Qu'il e.U flatteur d'épouser celle. C'est la nuit seul'ment que j' l'ai vue , Etj'viens de voir l'autre au grand jour; L'une est un' servante ingénue Et l'autre un' grand' dani' de la cour, Qui est riche et brillante h c' qui m' semble , Tandis qu' Pautr' n'a rien .. Ça suffit Pour prouver que ça se r'semble Tout comme le jour et la nuit.
WOLSEY, s'efforçanl de sourire. Tu as raison !.. je sais maintenant ce que cela veut dire... et je sais qui a causé à tous votre erreur... je vous l'expliquerai... Allez, Jedediah, dressez ce bail avec mistriss Dorothée, nous le signerons tantôt. (Ils sortent tous par la porte du fond ; John est prêt à sortir , milord le rappelle.) Vous, John , restez, j'ai des renseignemens à vous demander sur les terres que vous faites valoir.
JOHN. A vos1 ordres milord...
SARAH, à Wolsey. Milord, ne croyez
WOLSEY , à Sarah , à demi-voix. Prévenez votre maîtresse... qu'elle vienne , je le Vux!..
SARAH, à part. Oh! mon Dieu! qu'est-
:e que cela va devenir?.. (Regardant John,
i part.) Madame Gripp ! la belle avance !
Elle sort par la porte a droite. Jedeniah et Doro-
the'e sont sortis par la porte du fond.)