‹ Une chaumière et son curChapitre 38 sur 38 · JEDEDIAH , DOROTHÉE , JOHN , WOLSEY , JENNY , SARAH · texte numérisé non relu

JEDEDIAH , DOROTHÉE , JOHN , WOLSEY , JENNY , SARAH

JOHN , se disputant avec Dorothée. Oui, morbleu , vous pouvez garder le bail , et votre main... je ne tiens pas plus à l'un qu'à l'autre : qu'est-ce que c'est que tout ça? auprès d'un mariage d'inclination !

DOROTHEE. Ah! vous le prenez ainsi..

eh bien! soit.

jedediaii. Silence , donc , devant milord et devant miss Jenny !

JOHN, s' approchant de JVolsey. Mev'là, milord, et d'après votre promesse, j'ai tout rompu.

WOLSEY. Tu me vois désolé, mon garçon, j'espérais te servir et cela n'est plus en mon pouvoir... la femme de chambre de miss Jenny a disparu du château.

JOHN, étonné. Coznment, la femme de chambre !

wolsey. Oui, cette petite Catherine...

que nous avions rencontrée dans nos voyages. Frappés comme vous de son étonnante ressemblance avec ma pupille, nous l'avions emmenée, prise à notre service, et nous lui portions un véritable intérêt... la preuve, c'est que j'espérais, comme je te Fai dit, lui donner une dot considérable et la marier avec toi...

john. Eh bien?..

wolsey. Eh bien! elle vient de confierà sa maîtresse qu'elle t'avait aimé autrefois quand elle était enfant, mais qu'hier en te revoyant, cet amour-là s'était en allé surle-champ.

MAGASIN THEATRAL

JOnN. Ca n'est pas possible !

WOlsey. Ca l'est tellement, qu'elle a déclaré que pour rien au monde eiie ne t'épouserait, et qu'elle est partie...

JOHN. Partie... et sa dot?

wolsey. Sa dot aussi...

JOHN. Ah! mon Dieu... en voilà du malheur...

DOitOTHÉE. C'est bien fait.

wolsey. Elle est allée se réfugier bien foin d'ici, dans le Northumberland.

JENNY. Où nous irons bientôt la rejoin-

jedediaii. Quoi ! milady quitterait ce pajs?

JENNY. Oui, monsieur Jedediah , {regardant IVulsey), dès ce soir... (Bas.) Et pour jamais.

JOHN, de l'autre côté, s' adressant à Dorothée avec qui il a parlé bas. Allons, Dorothée. . . vous ne serez pas cruelle. . . et puisque je reviens à vous !

DOROTHÉE. Votre servante!... j'en ai un autre en vue! et puisque j'ai maintenant à moi toute seule le bail de la ferme... qui est tout dressé et que milord et milady m'ont promis de signer...

jenny. Volontiers!... mais à une condition expresse... c'est que vous consentirez à épouser John Gripp qui vous le demande!... je le veux.

joun. Ah ! milady, que de bontés !..

jedediah. M'en voilà débarrassé.

john. Ça sera toujours un dédommagement et une consolation... car vrai, Dorothée , ce n'est parce que vous êtes là... mais l'autre valait mieux. . .

JENNY, bas àSarah. Viens, Sarah... je te dirai tout. Ah ! que je suis heureuse !...

JOHN , à Jedediah , sur le devant du théâtre. Qui aurait dit ça de cette petite Catherine... que ma vue produirait cet effet-là sur elle... et qu'elle m'abandonnerait. . Ah ! les femmes ! . . .

JENNY, à Wolsey. Partons, milord.

JOHN. Je suis une vrai victime.

JEDEDIAH, montrant Dorothée. Puisq:

tu l'épouses...

JOHN. C'est ce que je voulais dire!...

DOitOTnÉE. Hein...

john. Rien.

Air. du Vaudeville des Frères de lait.

Je me trompais, exaltée et légère, Quand je disais : Sa chaumière et son cœur. Pour être heureux, un cœur, une chaumière ,

Ne suffisent pas, j'en ai peur; Et cependant, reprenant mon erreur, Moi, débutante, inconnue, étrangère, Je me croirais au comble du bonheur , Si je pouvaisce soir, dans ma chaumière,

De mes jupes gagner le cœur.

Page 1